Les États-Unis vont étendre, à compter du 1er janvier 2026, leur dispositif de caution financière pour certains visas de court séjour à 25 pays supplémentaires, portant à 39 le nombre total de nationalités concernées.
Depuis le 1er janvier 2026, pour certaines demandes de visas B1/B2 (affaires/tourisme), l’agent consulaire peut exiger une caution remboursable fixée à 5.000, 10.000 ou 15.000 dollars. Cette somme, déposée avant le voyage, est restituée si le visiteur quitte le territoire dans les délais autorisés et peut être confisquée en cas de non-respect des conditions de séjour. Le gouvernement justifie ce mécanisme par la nécessité de renforcer la “conformité” des visiteurs temporaires.
L’Afrique largement ciblée
Cette nouvelle extension vise très majoritairement l’Afrique : 13 des 25 pays ajoutés sont africains. Au total, l’Afrique représente désormais 24 des 38 pays concernés par le dispositif de caution. Parmi les États cités figurent notamment le Nigeria, l’Algérie, le Zimbabwe, ainsi que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et centrale. L’élargissement s’étend aussi à l’Asie (Bangladesh, Kirghizistan, Népal, Tadjikistan), à la zone Caraïbes/Amérique latine (Venezuela, Antigua-et-Barbuda, Dominique, Cuba) et au Pacifique (Fidji, Tonga, Tuvalu, Vanuatu).
Autre point notable, le programme s’accompagne de restrictions de ports d’entrée, avec des arrivées et départs limités à trois aéroports : JFK à New York, Logan à Boston et Dulles à Washington, pour les voyageurs soumis au mécanisme de caution.
Washington veut mettre la main sur les données biométriques de l’UE
En parallèle, l’Europe fait, elle, l’objet d’un chantage technologique à peine voilé. Pour conserver le privilège du Visa Waiver Program (VWP), qui permet aux citoyens européens de voyager sans visa via une simple autorisation ESTA, Washington exige désormais les clés des coffres-forts numériques de l’UE. Les négociations qui s’ouvrent sur le programme « Enhanced Border Security Partnerships » (EBSP) visent à offrir aux autorités américaines un accès direct et automatisé aux bases de données biométriques nationales, y compris des données sensibles pour identifier en amont des personnes jugées à risque (empreintes digitales, données génétiques). Sans cet accès, Washington menace de suspendre l’exemption de visa, rétablissant l’obligation de visa classique pour les Européens. Une perspective qui paralyserait le trafic transatlantique d’affaires, déjà ralenti depuis le retour du Président Donald Trump à la tête de la Maison Blanche et la hausse du tarif de l’ESTA.
L’obligation de fournir l’historique des comptes sur les réseaux sociaux
Au-delà de cette hausse, le gouvernement américain a également annoncé en décembre dernier avoir fait une proposition de modification majeure du formulaire, publiée au Federal Register et soumise à consultation jusqu’au 9 février 2026. Le projet prévoit notamment de rendre obligatoire la fourniture de l’historique des comptes sur les réseaux sociaux sur cinq ans (jusqu’ici facultatif), ainsi qu’une collecte de données personnelles beaucoup plus étendue.(téléphones sur cinq ans, emails sur dix ans, informations familiales détaillées, etc.).
Surtout, la proposition supprimerait progressivement la possibilité de faire la demande sur le site web “classique”. L’ESTA passerait par une application mobile, avec scan du passeport et selfie en temps réel, réduisant la possibilité de délégation et augmentant la charge administrative. La CBP (U.S. Customs and Border Protection), l’agence fédérale américaine chargée du contrôle des frontières, estime le temps nécessaire à environ 22 minutes par demande, contre 4 minutes actuellement.
L’enchaînement de ces mesures, qu’elles soient financières ou administratives, va dans le même sens : les États-Unis resserrent progressivement les règles d’entrée, avec davantage de contrôles et de démarches en amont. Pour les voyageurs d’affaires et les entreprises, se rendre aux États-Unis pourrait devenir plus compliqué qu’il ne l’était encore récemment et cette tendance pourrait malheureusement se renforcer dans les prochains mois…
L’article Visas : les Etats-Unis étendent leur dispositif de caution à 39 pays est apparu en premier sur Déplacements Pros.