Le Vénézuéla connaît une criminalité violente endémique et fait partie des pays ayant les plus forts taux d’homicides au monde. Les conditions de sécurité y sont structurellement dégradées. Les infrastructures de santé publiques sont fortement déficientes (cf. onglet Santé). En-dehors de Caracas, les pénuries d’essence, les coupures d’eau et d’électricité sont fréquentes et l’accès aux réseaux de télécommunication peut être aléatoire.
Les voyageurs sont invités à communiquer à intervalles réguliers avec leur famille et à signaler à l’ambassade toute agression, extorsion ou arrestation en appelant le 0212.909.65.00 ou le 0424.211.44.51 (en semaine) ou le 0414.320.85.81 (le week-end et les jours fériés). Depuis la France, le premier 0 doit être remplacé par +58.
Risques et recommandations associées
Risques liés à la délinquance
Si la pratique des enlèvements dans les espaces publics a diminué, le risque existe toujours. Les vols peuvent être particulièrement violents. Il est vivement conseillé de ne pas opposer de résistance.
De manière générale, il est recommandé de privilégier les déplacements en voiture individuelle ou en taxi (uniquement taxis officiels ou voitures réservées via des applications) de jour et de circuler avec les portes verrouillées et les vitres fermées. Les transports en commun, les déplacements à pied et les trajets de nuit sont à éviter. Il n’est pas recommandé de garer son véhicule dans un endroit non-sécurisé ou isolé.
Dans l’espace public, il est conseillé de montrer le moins possible de signes extérieurs de richesse (bijoux, montre, téléphone portable, etc.), de limiter la quantité d’argent liquide transportée sur soi et de ne se déplacer qu’avec une photocopie de son document d’identité (en gardant l’original en lieu sûr chez soi ou à l’hôtel).
En cas de sortie dans un bar ou dans une boîte de nuit, il est conseillé de surveiller son verre et de prendre garde à l’usage délictueux de la scopolamine, drogue qui, mélangée à une boisson, des aliments, ou inhalée (par exemple sur un mouchoir) cause une perte de volonté, de conscience, et une amnésie temporaire.
Les voyageurs sont invités à prendre garde lors des contrôles par les forces de sécurité et à contacter immédiatement l’ambassade en cas d’arrestation. Plusieurs cas d’extorsion par de faux policiers ou par des agents corrompus ont été rapportés au cours des dernières années.
Risques liés aux transports
Hormis les recommandations ci-dessus, la plus grande prudence est de mise sur la route en raison de la fréquence des accidents et de l’état des axes routiers (nids de poule, ralentisseurs peu visibles, absence de feux rouges, etc.). Le port de la ceinture de sécurité est très fortement recommandé et la conduite de nuit doit être évitée, a fortiori en-dehors des villes. Si vous devez conduire de nuit, il faut être particulièrement attentif aux croisements, les feux rouges n’étant plus respectés à partir de 21h.
Si vous êtes impliqué dans un accident de la route (auteur ou victime), vous devez impérativement contacter et attendre la police sans déplacer le véhicule. Seule la police peut établir un constat.
Risques liés à la situation politique
Il est recommandé de se tenir à l’écart de toute manifestation et d’éviter toute expression sur la situation politique du pays en public.
Les conditions d’entrée des journalistes et des travailleurs du secteur humanitaire sur le territoire vénézuélien sont spécifiques, quelle que soit la durée du séjour. Il est recommandé de contacter l’ambassade au préalable.
Risques liés aux moyens de paiement
Les cartes de crédit européennes fonctionnent dans de nombreux commerces mais elles peuvent être déclinées voire bloquées de manière aléatoire. Le retrait d’espèces au distributeur n’est pas possible. Pour parer à tout inconvénient, il est recommandé de se munir, en vue de tout voyage au Venezuela, de dollars américains en espèces, de préférence en petites coupures et en quantité suffisante.
Il est d’usage pour les commerçants de demander le code de la carte bleue à voix haute. Il est recommandé de demander à composer soi-même son code pour éviter les fraudes et à ne jamais quitter votre carte des yeux.
Risques naturels
Une très grande partie du territoire vénézuélien, y compris Caracas, se trouve en zone de risque sismique. Le dernier grand tremblement de terre à Caracas remonte à 1967.
Durant la saison des pluies (de juin à novembre), le nord du Vénézuéla, notamment ses côtes et ses îles, sont régulièrement affectées par les queues des ouragans (« ondas tropicales ») qui traversent le sud de la mer des Caraïbes et dont la fréquence et l’intensité sont amenées à augmenter avec le réchauffement climatique. Les inondations, coulées de boue et glissements de terrain sont fréquents, notamment sur la côte centrale, l’axe Caracas-Maracay et la région des Llanos où les routes peuvent être impraticables. En cas de déplacement dans des zones présentant des risques naturels, respecter les recommandations d’usage.
La prudence est recommandée lors des baignades en mer, notamment en cas de fortes vagues.
Risques liés à la possession de stupéfiants
Les autorités vénézuéliennes exercent une étroite surveillance sur les voyageurs. Les bagages sont systématiquement fouillés au départ.
Les feuilles de coca, en vente libre dans certains pays andins, sont considérées au Vénézuéla comme des produits stupéfiants. Toute personne contrôlée en possession de ces feuilles est passible d’une peine de cinq à dix années d’emprisonnement.
Risques liés à la navigation maritime
Des actes de piraterie peuvent avoir lieu, notamment autour de l’État de Sucre et des îles de Margarita et des Testigos. Des plaisanciers ont été la cible de violentes attaques.
Le mouillage en-dehors des marinas surveillées est à proscrire.
Avant tout voyage par la voie maritime, il est recommandé de prendre contact avec l’ambassade de France au Vénézuéla.
Zones de vigilance
Zones formellement déconseillées (en rouge sur la carte)
Zones frontalières
Les zones frontalières avec la Colombie, le Brésil et le Guyana sont formellement déconseillées en raison de la présence de groupes armés et de bandes criminelles dédiées à divers trafics.
Au vu de la situation prévalant dans ces zones, il est formellement déconseillé d’entrer au Vénézuéla par voie terrestre. En outre, l’entrée par les points de passage illégaux (trochas) expose les voyageurs au risque d’arrestation et de détention.
Arc minier (nord-est de l’Etat de Bolivar) et Delta Amacuro
Cette zone fait l’objet d’une criminalité de plus en plus importante liée à divers trafics, aggravée par la présence de groupes armés.
Nord de l’État de Sucre
Dans la zone côtière de l’État de Sucre, plusieurs groupes criminels liés au narcotrafic sont très actifs, les règlements de comptes sont fréquents ainsi que les enlèvements et les vols à main armée.
Le golfe de Paria et la zone entre la Péninsule de Paria et l’île Margarita sont dangereux avec de nombreux cas de piraterie recensés (attaque d’embarcations).
Péninsule de Paraguana
Cette péninsule est sujette à des actes de banditisme et à des trafics de stupéfiants du fait de la proximité avec les îles d’Aruba, de Bonaire et de Curaçao.
Zones déconseillées sauf raison impérative (en orange sur la carte)
Caracas et aéroport de Maiquietía
La majorité des crimes sont commis dans les « barrios » (bidonvilles locaux disséminés dans la ville). Il est particulièrement recommandé d’éviter les quartiers populaires situés à l’ouest et au sud du centre historique (Catia, 23 de Enero, El Paraíso, Cota 905, La Vega, Antímano, San Agustín, etc.) ainsi que la zone de Petare à l’est de l’agglomération – et de privilégier les hébergements dans la zone centre-est (municipalité de Chacao et quartiers de Sebucan, Los Chorros, Las Mercedes et El Cafetal). Il convient toutefois de garder à l’esprit qu’aucun quartier n’est épargné par les risques de violences.
Les déplacements de nuit entre l’aéroport international de Maiquetía et Caracas sont formellement déconseillés. La prudence est de mise à l’intérieur et aux abords des terminaux. Des agressions et des vols y ont été enregistrés. Pour passer du terminal international au terminal national, il est recommandé de privilégier le passage souterrain.
Reste du territoire vénézuélien
Des recommandations similaires à celles décrites pour Caracas s’appliquent dans toutes les grandes villes vénézuéliennes. Aucune zone du pays n’est exempte de délinquance.
Les sites les plus touristiques (île Margarita, parc Morrocoy, Choroní, Colonia Tovar, Lechería, parc Canaima, etc.) présentent généralement des niveaux de sécurité adéquats dès lors qu’un certain nombre de précautions sont prises. Il est ainsi recommandé :
- de choisir un logement (hôtel ou posada) dont les installations et la localisation permettent de réduire les risques d’intrusion, d’agression et de vol ;
- d’effectuer ses déplacements à l’intérieur du pays en voiture individuelle et de jour, en s’assurant au préalable de la disponibilité d’essence sur le trajet (les pénuries sont régulières). La présence de nombreux points de contrôle des forces de sécurité est une difficulté supplémentaire pour les voyageurs ;
- d’organiser vos excursions avec des professionnels qualifiés ;
Les villes de province, et plus encore les zones rurales, peuvent également être soumises à des coupures d’électricité, d’eau, de télécommunications et à des difficultés d’approvisionnement. Les infrastructures de santé publiques y sont généralement déficientes.
Zones de vigilance renforcée (en jaune sur la carte)
Les îles Los Roques sont accessibles par avion ou par voie maritime moyennant une traversée relativement longue. Il est conseillé de se conformer aux recommandations générales de sécurité de la présente fiche.
