Lancé en novembre 2024, le programme AFIF mobilise un milliard d’euros sur la période 2024-2025 pour financer le déploiement d’infrastructures d’approvisionnement en carburants alternatifs le long du réseau transeuropéen de transport (RTE-T). À l’issue de la deuxième échéance de cet appel à projets, clôturée en juin 2025, 70 projets ont été sélectionnés à l’échelle européenne pour un montant total d’environ 601 M€.
Les 16 projets français retenus représentent un montant cumulé de près de 100 millions d’euros de subventions européennes, auxquels s’ajoutent les 75 millions obtenus lors de la première échéance pour neuf projets. Cette performance place la France dans le peloton de tête des États membres en termes de captation de ces financements.
Des projets couvrant l’ensemble de la chaîne de mobilité
Les financements obtenus concernent plusieurs segments de la décarbonation des transports. L’alimentation électrique des navires à quai représente une part significative des investissements, avec des projets dans les ports de Saint-Malo (1,38 M€), Bordeaux (6,22 M€) et HAROPA (6,11 M€). Mais les véhicules électriques et l’aérien ne sont pas en reste.
L’électrification des opérations aéroportuaires constitue en effet un autre axe majeur, avec deux projets d’envergure : l’aéroport de Toulouse-Blagnac (2,59 M€) et Paris-Charles de Gaulle (27,83 M€). Ce dernier projet, baptisé CLEARCDG28, vise l’électrification complète des opérations au sol sur les terminaux 1 et 2, avec le déploiement de 73 unités de pré-conditionnement d’air, 42 groupes électrogènes au sol et 152 stations de recharge pour les équipements de manutention.
Le déploiement de stations de recharge pour véhicules électriques, tant légers que lourds, représente également une part importante du portefeuille français. Plusieurs opérateurs ont obtenu des financements : TotalEnergies Marketing Services (13,23 M€ pour 76 points de recharge mégawatt), IZIVIA (6,4 M€ pour 160 points de recharge rapide), ou encore ENGIE Mobilités Électriques qui déploiera 135 infrastructures sur 51 sites.
Electrification des transports publics urbains
La transition des flottes de bus électriques bénéficie également du dispositif. Keolis Grand Paris Vallée de la Marne a obtenu 2,59 M€ pour équiper deux dépôts de la région parisienne d’infrastructures de recharge pour 98 bus électriques. Le projet prévoit la conversion d’un dépôt diesel existant à Coubron et la construction d’un nouveau dépôt à Pontault-Combault, incluant l’installation de panneaux solaires.
AVANZA Movilidad Integral déploiera pour sa part 106 points de recharge dans cinq zones urbaines stratégiques des corridors atlantique et méditerranéen du réseau RTE-T, pour un financement de 1,59 million d’euros.
Développement de la filière hydrogène
Le soutien à la filière hydrogène se concrétise par plusieurs projets de stations de distribution. L’initiative ACTIVA II prévoit le déploiement de 30 stations de ravitaillement en hydrogène à travers l’Espagne (7,65 M€), tandis que plusieurs projets localisés en France obtiennent des financements significatifs : HyNA Brive-Ussac (2,06 M€), HyNA Niort (1,90 M€), et Diverxia Infraestructuras à Valence (3,24 M€).
Ces stations seront équipées pour distribuer de l’hydrogène à double pression (350 et 700 bars) avec une capacité d’approvisionnement minimale d’une tonne par jour, ciblant à la fois les véhicules légers et les poids lourds.
Un dispositif financier hybride
Le programme AFIF s’intègre au Mécanisme pour l’interconnexion en Europe – volet Transport (MIE-T) et combine subventions européennes et financements d’institutions financières telles que la Caisse des Dépôts et Consignations. Cette architecture financière permet de démultiplier l’effet levier des fonds européens et de soutenir des projets d’envergure nécessitant des investissements conséquents.
Selon Philippe Tabarot, ministre des Transports, « la décarbonation de nos réseaux de transport exige des investissements majeurs. La France y consacre des moyens significatifs et continuera de le faire, dans la lignée des conclusions de la Conférence Ambition France Transport. Dans ce chantier décisif pour les décennies à venir, le soutien de l’Union européenne permet d’accompagner l’effort national et de rendre possibles des investissements conséquents dans un contexte budgétaire particulièrement contraint.«
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