Le groupe ADP essuie un revers de l’Autorité de régulation des Transports (ART), qui rejette une augmentation de 1,5% des redevances aéroportuaires pour l’année 2026.
ADP « prend acte » de la décision de l’ART de ne pas « approuver les redevances aéroportuaires d’Aéroport de Paris pour la période du 1er avril 2026 au 30 mars 2027, lesquelles prévoyaient une hausse de 1,5% », précise le groupe. Avant d’ajouter : « En l’absence d’approbation, les redevances en vigueur depuis le 1er avril 2025 resteront applicables ». L’Autorité a néanmoins approuvé l’augmentation de 15% de la redevance au titre de l’assistance aux personnes handicapées et aux personnes à mobilité réduite.
A quelques mois de la validation du CRE, l’ART remet en doute la méthode de calcul d’ADP
Le groupe réclamait une augmentation des redevances aéroportuaires, applicables sur les plateformes de Roissy-CDG, Orly et le Bourget, dont s’acquittent les compagnies aériennes pour le fonctionnement des services. Dans un contexte d’investissements croissants et de projets d’envergure, ADP a présenté le 10 décembre, son Contrat de régulation économique (CRE), un plan d’investissement de 8,4 milliards d’euros destiné à hisser les aéroports parisiens au meilleur standard international.
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Etendu entre 2027 et 2034, ce plan prévoit une hausse moyenne des redevances de 2,6 points, avec une hausse de 5,5 points en 2027, de 3 points en 2028, avant de se stabiliser à 2 points par an à partir de 2029. Si ce refus ne semble pas inquiéter outre mesure le groupe ADP, qui assure préparer une nouvelle proposition et qui la présentera au plus tard le 16 janvier 2026, il doit être pris comme signal d’alerte. Le CRE fera en effet l’objet d’une consultation des usagers en janvier 2026, avant d’être soumis à validation par la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), l’ART et enfin, l’Etat français, qui reste le principal actionnaire. Si le calendrier est respecté, les premiers chantiers démarreront début 2027, ouvrant une période de huit ans de transformation.
ACI Europe condamne la décision du régulateur français des transports
Pour l’association professionnelle Airports Council International (ACI) Europe la proposition du groupe ADP d’ajuster les redevances aéroportuaires à compter d’avril 2026 est pourtant « limitées, mesurées et nécessaire ». L’organisation condamne la décision de l’ART et l’invite à ne pas remettre en cause le système d’allocation des coûts utilisé par ADP. « Jeter le doute sur un système aussi établi introduit une incertitude réglementaire significative, qui risque à son tour de peser sur les investissements nécessaires en matière de modernisation et de mise à niveau des infrastructures, de durabilité et de capacité », peut-on lire sur un communiqué. « Cette décision n’est rien d’autre qu’une forme d’automutilation économique pour la France. Cela est d’autant plus préoccupant à un moment où les aéroports se retrouvent de plus en plus en concurrence, pour l’accès au capital, avec d’autres secteurs, notamment les batteries industrielles, les centres de données et la production d’énergie propre », a conclut Olivier Jankovec, directeur général d’ACI EUROPE.
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