L’espace aérien iranien rouvre sous forte prudence des transporteurs

L’Iran a rouvert son espace aérien mercredi 15 janvier au matin après une fermeture de près de cinq heures, mais la majorité des compagnies aériennes internationales continuent d’éviter la région, prolongeant des suspensions de vols qui ont débuté il y a plusieurs jours en raison des troubles civils et des tensions géopolitiques.
 
Dans la nuit du 14 au 15 janvier 2026, l’Iran a fermé sans préavis son espace aérien durant 5 heures. Seuls les vols civils internationaux à destination ou en provenance d’Iran ayant obtenu une autorisation préalable de l’Autorité de l’aviation civile iranienne ont été autorisés à opérer durant cette période.
 
Cette mesure exceptionnelle intervient dans un contexte de tensions extrêmes entre Téhéran et Washington. Le président américain Donald Trump a menacé d’une intervention militaire suite à la répression des manifestations qui secouent l’Iran depuis fin décembre 2025. 

Un mouvement de suspension amorcé dès le 10 janvier

Bien avant cette fermeture nocturne, les compagnies aériennes avaient déjà commencé à suspendre leurs liaisons vers l’Iran. Dès le vendredi 10 janvier, plusieurs transporteurs ont annoncé l’arrêt de leurs services vers Téhéran et d’autres villes iraniennes. Qatar Airways a suspendu ses vols entre Doha et la capitale iranienne, rapidement suivie par Emirates sur la liaison Dubaï-Téhéran. Les compagnies turques ont également massivement réduit leurs opérations, Turkish Airlines, AJet et Pegasus Airlines annulant des dizaines de vols vers Téhéran, Tabriz et Mashhad.
 
 
En Europe, la compagnie Austrian Airlines était l’une des dernières compagnies européennes à maintenir des liaisons régulières avec l’Iran, avec une route Vienne-Téhéran qui servait notamment les entreprises européennes actives dans les secteurs de l’énergie, de l’ingénierie et de la pharmacie en Iran. Après avoir initialement suspendu ses vols le 10 janvier pour une évaluation de sécurité de 48 heures, Austrian Airlines a prolongé cette suspension jusqu’au 21 janvier 2026 au minimum, invoquant « la situation sécuritaire actuelle ». Lufthansa, maison mère d’Austrian Airlines, a également maintenu la suspension de ses vols vers Téhéran, avec une reprise initialement prévue pour le 16 janvier, précisant que cette date reste sujette à réévaluation continue de la situation.

Les compagnies européennes optent pour des routes alternatives

Malgré la réouverture officielle de l’espace aérien iranien mercredi matin, les compagnies européennes ont maintenu leur stratégie d’évitement. Selon les données des sites de suivi de vols comme FlightRadar24, des transporteurs comme Wizz Air, Lufthansa et British Airways ont contourné l’espace aérien iranien et irakien jeudi 15 janvier, privilégiant des routes passant par l’Afghanistan et l’Asie centrale.
 
 
Cette réorientation n’est pas sans conséquence opérationnelle. Un porte-parole de Wizz Air a expliqué éviter « les espaces aériens irakien et iranien, par conséquent certains vols en direction ouest depuis les aéroports de Dubaï et Abou Dhabi devront effectuer des escales pour ravitaillement et changement d’équipage à Larnaca (Chypre) ou Thessalonique (Grèce). » KLM a confirmé qu’elle évitait l’espace aérien iranien « par précaution », tout en précisant que c’est une route déjà rarement utilisée. Singapore Airlines et TUI ont également continué à utiliser des routes alternatives malgré la réouverture. Air France, qui évite l’espace aérien iranien depuis plusieurs années, n’a pas modifié sa politique de routage. Enfin, British Airways a adopté une approche plus radicale en annulant tous ses vols vers Bahreïn jusqu’au 16 janvier inclus, une mesure qui reflète les préoccupations concernant l’ensemble de la région du Golfe Persique plutôt que l’Iran seul.

L’Asie du Sud fortement impactée

Les compagnies indiennes ont été particulièrement affectées par la fermeture temporaire de l’espace aérien iranien. Air India et IndiGo ont annulé plusieurs de leurs vols internationaux jeudi 15 janvier en raison de l’impossibilité d’utiliser leur route habituelle. Air India a dû annuler au moins trois liaisons vers les États-Unis et les services vers l’Europe ont également subi des retards importants dus au reroutage. La compagnie a expliqué dans un communiqué que « en raison de la situation émergente en Iran, de la fermeture subséquente de son espace aérien et compte tenu de la sécurité de nos passagers, les vols survolant la région utilisent désormais un routage alternatif, ce qui peut entraîner des retards. »

Perspectives incertaines

À court terme, Lufthansa prévoit toujours de reprendre ses vols vers Téhéran le 16 janvier, bien que cette décision soit conditionnée à une « surveillance continue et étroite des développements dans l’ensemble de la région ». Austrian Airlines maintient son échéance du 21 janvier mais précise que toute reprise dépendra de garanties de sécurité aéroportuaire et d’autorisations de survol des États voisins. Pour les autres compagnies ayant suspendu leurs services, aucune date de reprise n’a été annoncée. L’organisme Safe Airspace a clairement indiqué que « la situation peut évoluer rapidement avec peu ou pas de préavis ».

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