La GBTA Foundation a dévoilé l’édition 2025 de son rapport « Global Benchmarking & Leaderboard », sur la maturité des programmes de voyages d’affaires en matière de durabilité. Si le suivi des émissions s’améliore nettement, le passage à des investissements de décarbonation concrets reste le principal défi pour le secteur.
Selon la GBTA Foundation, le score moyen de maturité en gestion des émissions de voyages d’affaires s’établit à 1,4 sur 5, contre 1,3 l’an dernier, soit une progression de 0,1 point seulement en un an. Les pratiques de suivi des émissions enregistrent la plus forte hausse, soutenues par 71% des entreprises déclarant désormais suivre leurs émissions (contre 49% en 2024). Un quart des entreprises (25%) se sont dotées d’objectifs de réduction spécifiques, en hausse par rapport aux 14% observés en 2024. À l’inverse, les investissements de décarbonation demeurent globalement stables avec un score de 0,7 comme l’année passée.
Sur le levier des « décisions de voyage », 60% des entreprises intègrent des considérations de durabilité dans leur politique. Les fonctionnalités de sustainability dans les outils de réservation en ligne concernent 60% des programmes, en léger retrait par rapport à 68% en 2024. Les instruments plus avancés comme les budgets carbone progressent lentement (18%, contre 14% l’an dernier).
La durabilité incluse dans les process d’achats
Côté fournisseurs, 61% des entreprises incluent des questions de durabilité dans leurs processus d’achats (53% en 2024). Toutefois, seule une minorité (6%) aligne ces critères sur les standards d’achats durables de la GBTA, un ratio inchangé.
Les mécanismes de décarbonation liés à l’aérien progressent lentement : 15% des entreprises achètent des certificats SAF (12% en 2024). Parallèlement, les stratégies d’électrification des déplacements terrestres marquent le pas, avec un abattement moyen des émissions déclaré qui recule à 17%, contre 27% l’an dernier.
En Europe, la maturité stagne
Concernant la performance de l’Europe (zone EMEA), le continent se positionne la plus mature en matière de durabilité avec un score de 1,4, devant le continent américain (0,9) et la zone Asie-Pacifique (1,3). Toutefois, le rapport de 2025 met en lumière un léger recul pour la région, dont le score de maturité moyen passe de 1,7 en 2024 à 1,4, contrastant avec la progression observée au niveau mondial et en Asie-Pacifique. En détail, les entreprises européennes démontrent une maturité bien établie sur le suivi des émissions et l’intégration de critères durables dans les politiques de voyage. Cependant, elles peinent encore à traduire ces bases en actions de décarbonation concrètes et en investissements significatifs. Ce « tassement » pourrait indiquer que, après avoir mis en place les cadres de gouvernance, les entreprises de la région font face à la complexité concernant l’étape suivante : l’investissement actif dans des solutions comme les carburants durables (SAF) ou l’électrification des flottes.
Le rapport met également en avant une tendance de fond chez les entreprises les plus performante en matière de réduction des émissions avec une baisse annuelle moyenne de 14 % des émissions liées aux voyages d’affaires. Cette dynamique résulte d’une combinaison de rationalisation des déplacements, de substitutions modales plus fréquentes (rail) et d’une montée graduelle des leviers aérien (optimisation, SAF) et hôtellerie. Au-delà des chiffres, l’édition 2025 souligne plusieurs enjeux structurels. La consolidation et l’auditabilité des données restent des points prioritaires, tout comme l’accès et les coûts des SAF.
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