Désormais pourvu d’une commission Destination France/Tourisme, le syndicat patronal propose une centaine de mesures pour rendre le tourisme français plus fort. Focus sur les principales préconisations…
« Ce document a été voulu par le président du Medef, Patrick Martin. Nous avons travaillé durant deux ans avec le cabinet MKG Consulting pour réaliser ce document » témoigne Philippe Korcia (Voyages Eurafrique).
Il partage la présidence de la jeune commission Destination France – Tourisme, créée en 2023, avec Aurore Iwanciw (hôtel le Château Fort, à Sedan). Cette commission se réunit chaque mois.
Lire aussi : Philippe Korcia, nouveau président de la commission tourisme du MEDEF
« Le tourisme pèse 7,5% du PIB français et peut-être précurseur sur de nombreux sujets tels que l’environnement et la RSE, l’innovation et l’intelligence artificielle, les enjeux sociétaux et fiscaux » précise Philippe Korcia.
Au total, le Medef dévoile une centaine de propositions qui concerne tous les secteurs, de l’hôtellerie à la croisière, autour de trois grands thèmes (réglementation, social et durabilité), afin de dynamiser le secteur et rendre le tourisme plus fort à l’horizon 2035. « Le Medef plaide pour un cadre plus clair, plus lisible » ajoute Aurore Iwanciw.
Lire aussi : Les Entreprises du Voyage adhèrent à la CPME
Sans surprise, le Medef plaide pour une simplification, afin de supprimer les distorsions de concurrence et rendre la filière plus compétitive.
Le syndicat souhaite notamment une harmonisation de la TVA et la suppression de la décriée taxe de solidarité sur les billets d’avion. « Si on fiscalisait moins l’aérien, les touristes dépenseraient sans doute plus durant leur séjour » estime Philippe Korcia.
Parmi les autres propositions fortes, la commission tourisme souhaite également une harmonisation des réglementations pour les Zones à Faibles Emissions (ZEF), une réduction des écarts fiscaux entre hébergements touristiques (en particulier avec les locations saisonnières).
Elle milite également pour une meilleure collaboration entre socio-professionnels et collectivités sur le sujet de la taxe de séjour avec « une relation plus transparente », et pour une pérennisation de la défiscalisation des pourboires.
« Il faut améliorer l’attractivité du tourisme en valorisant ses métiers » ajoute Philippe Korcia qui rappelle que le tourisme participe à l’aménagement de nos territoires et que l’ascenseur social fonctionne encore dans la filière.
Par-delà une harmonisation sociale à l’échelle européenne, le syndicat estime qu’il est nécessaire de lutter contre l’emploi précaire grâce à la formation et la simplification administrative.
Les emplois saisonniers sont également au cœur des préoccupations. L’attractivité de la filière passe par le développement de logements réservés, la facilitation du CDD d’usage ou le maintien d’une activité partielle pour les emplois du secteur, pour motifs climatiques.
Le Medef préconise également des incitations fiscales pour les acteurs qui s’engagent dans l’amélioration des conditions de travail, par exemple une baisse des cotisations pour une entreprise du tourisme qui loge un salarié.
Les transports (principal poste d’émissions de carbone dans le tourisme) sont au cœur des propositions, avec un appel pour le développement des carburants durables mais avec des obligations à l’échelle européenne pour ne pas défavoriser les opérateurs français.
D’autres propositions semblent plus faciles à mettre en œuvre comme « l’ouverture des réservations bien plus à l’avance » afin de renforcer l’usage du train. Le syndicat milite également pour poursuivre l’ouverture à la concurrence du chemin de fer pour « réduire les coûts et gagner en compétitivité ».
Enfin, alors que le tourisme est confronté à des problèmes de transmission, le Medef se prononce pour une pérennisation du Pacte Dutreil, dont les avantages fiscaux sont parfois remis en cause.
« Le Pacte Dutreil est essentiel pour le tourisme, qui concentre de nombreux petites entreprises familiales » conclut Philippe Korcia.
Lire aussi : Transmettre son entreprise à ses enfants : erreurs à éviter et conseils pratiques
Reste désormais au Medef à faire entendre sa voix auprès des pouvoirs publics. Si cette étude prospective doit servir de base de travail, la mission s’annonce complexe dans un contexte de fortes tensions budgétaires.

