L’Autorité de régulation des transports (ART) vient de publier son bilan du marché ferroviaire français pour l’année 2024. Sur les axes ouverts à la concurrence, les effets se font déjà sentir avec une hausse de l’offre et une pression à la baisse sur les prix.
En 2024, le marché français du transport ferroviaire a confirmé un retour durable à des niveaux d’activité proches, voire supérieurs, à ceux d’avant-crise, tout en entrant dans une phase où les premiers effets de la concurrence deviennent de plus en plus visibles. Avec 114 milliards de passagers par kilomètres parcourus, la fréquentation progresse de 5% sur un an et dépasse de 14% le niveau de 2019.
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L’offre ferroviaire a suivi cette tendance avec 412 millions de trains-kilomètres parcourus en 2024, en hausse de 7% sur un an. Cette croissance concerne tous les segments, mais ce sont les services conventionnés, incluant TER, Intercités et trains franciliens, qui tirent le marché vers le haut. Leur fréquentation bondit de 8% en 2024 et dépasse désormais de 35% le niveau de 2019, portée par les investissements des régions et de l’État dans l’amélioration de l’offre régionale. Les trains à grande vitesse et services internationaux affichent quant à eux une progression de 4% en fréquentation, mais atteignent 112% de leur niveau de 2019. Le taux d’occupation des TGV se stabilise à 76%, ce qui reste légèrement inférieure au niveau d’avant-crise (-1 point).
La concurrence stimule le marché
L’enseignement majeur de ce neuvième bilan publié par l’ART réside dans la corrélation directe entre l’ouverture à la concurrence et la croissance du marché. Là où le monopole a laissé place à une pluralité d’opérateurs, le trafic s’envole. L’axe Paris-Lyon, où s’affrontent désormais SNCF Voyageurs et Trenitalia a vu sa fréquentation bondir de plus de 20% depuis 2019. Sur cet axe, en 2024, les TGV Inoui de la SNCF ne représentaient plus que 64% de l’offre, contre 72% avant l’arrivée de Trenitalia France. Le nouvel opérateur italien captait 11% du marché (+5 points en un an), tandis que OUIGO consolidait sa position à 21%. Le constat est le même sur les liaisons transfrontalières vers l’Espagne, où l’arrivée de la Renfe a généré une croissance de 30% du trafic. Sur le Paris-Lyon, cette tendance est vouée à s’accélérer puisque Trenitalia France est récemment passée de 9 à 14 allers-retours depuis le 14 décembre 2025.
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Si la bataille est engagée sur les lignes à grande vitesse, celle des trains régionaux ne fait que commencer. Le processus d’attribution des marchés publics s’accélère doucement, avec douze lots attribués à fin 2025 sur la cinquantaine prévue. Des acteurs alternatifs comme Transdev, qui opère désormais la ligne Marseille-Toulon-Nice, ou RATP Dev, commencent à concrétiser cette ouverture sur le terrain. Toutefois, l’ART souligne un risque de congestion des appels d’offres à l’approche des échéances de 2030, alors que près de 78% de l’offre conventionnée reste encore à attribuer.
Une baisse des prix observée sur certains axes
La part modale du train augmente
Des défis nombreux pour le rail français ces prochaines années
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