Le supplément single demeure l’un des principaux obstacles à l’achat d’une croisière pour les voyageurs individuels. Pour y répondre, Sarah Paredes, fondatrice du site spécialisé Mon Tatane Tour, lance MTT Binôme, une plateforme de mise en relation sécurisée destinée à former des duos avant réservation – avec, en ligne de mire, un apport potentiel de nouveaux dossiers pour les agences de voyages.
Dans la majorité des cas, réserver une cabine pour une seule personne revient à en payer deux ou presque, malgré quelques ajustements ponctuels proposés lorsque les navires ne sont pas pleins.
Reconnaissons à certains prestataires, tels Voyages d’Exception, Star Clippers ou encore Hurtigruten, d’être attentifs aux besoins de cette clientèle.
Reste que le prix peut être un obstacle infranchissable. « Quand une cabine intérieure est affichée à 700 euros, un voyageur seul peut se retrouver à payer 1 400 euros », observe Sarah Paredes, qui revendique plus de 100 000 visiteurs annuels sur son site Mon Tatane Tour.
Créé il y a plusieurs années comme un carnet de voyages, Mon Tatane Tour est devenu au fil du temps un média spécialisé dans les escales et la vie à bord, désormais décliné en quatre langues.
« Je suis moi-même voyageuse solo. Il m’arrive de renoncer à une croisière simplement parce que je ne veux pas payer pour un lit vide », explique-t-elle. Les messages répétés de lecteurs confrontés au même dilemme ont fini par convaincre la fondatrice de développer un service dédié.
« On ne matche pas des affinités, mais des modes de vie », insiste Sarah Paredes. Le dispositif repose sur 54 critères pondérés, auxquels s’ajoutent plusieurs garde-fous : vérification d’identité obligatoire, non-mixité stricte, messagerie modérée et appel vidéo recommandé avant toute réservation.
b[Ouvertes depuis une dizaine de jours, les inscriptions auraient déjà généré un taux de conversion de 14 %, avec environ 70 % de femmes parmi les profils créés, selon la fondatrice.
MTT Binôme ne commercialise pas de croisières. Une fois un duo constitué, les deux voyageurs restent libres de réserver via leur agence habituelle.
Sarah Paredes voit dans cette mécanique un intérêt partagé pour l’ensemble de la chaîne de valeur. Dans un secteur où le taux d’occupation et le revenu par cabine demeurent des enjeux centraux, la promesse d’un apport de dossiers supplémentaires pourrait trouver un écho auprès de l’écosystème de la croisière.
« Beaucoup de gens restent à quai faute de solution. Si on peut leur permettre de partir, alors on a gagné ».
