Comment Trainline compte-t-elle tirer partie de l’ouverture à la concurrence en France ?

La plateforme de distribution Trainline compte bien capitaliser sur l’ouverture à la concurrence pour augmenter sa part de marché sur les lignes ferroviaires en Europe, notamment en France. L’Hexagone reste un marché stratégique et représente, selon elle, un carrefour européen pour les trajets transfrontaliers. 

La libéralisation du transport ferroviaire de voyageurs ouvre à la concurrence un secteur longtemps monopolisé par l’État. Le processus de libéralisation a commencé en 1991, mais il faudra attendre 10 ans, pour que le premier paquet ferroviaire soit lancé. En 2004, le deuxième paquet concerne le marché ferroviaire de marchandises dans toute l’UE, avant de s’ouvrir sur l’ouverture des services passagers internationaux en 2007, et sur les services passagers en 2016. En France, il faudra attendre décembre 2021 pour voir partir un train opéré par Trenitalia depuis gare de Lyon, la première compagnie concurrente de la SNCF sur le réseau français. Depuis, agrégateurs et plateformes de vente des compagnies se partagent, parfois non sans rivalité, la distribution ferroviaire. 

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6,97 milliards d’euros de volume d’affaires au niveau mondial 

Lors de son exercice 2024-2025, Trailine affichait un volume d’affaires de 1 milliard d’euros en Europe (hors UK, qui reste son plus gros marché -NDLR), et 6,97 milliards d’euros au niveau mondial, pour un revenu net de 522 millions d’euros (+11% en un an). « On espère continuer de faire progresser nos revenus et notre part de marché (sans donner de chiffre exact -NDLR), » déclare Alexander Ernert, directeur général de Trainline en France. Pour cet ancien de la Deutsche Bahn, la France est un marché stratégique et le pays est considéré comme un carrefour européen pour les trajets transfrontaliers. Si l’ouverture progresse plus lentement qu’en Italie ou en Espagne, l’arrivée de Velvet, Le Train Voyage et Kevin Speed pourrait conforter Trainline face à SNCF Connect, qui ne distribue pas encore les offres concurrentes, mais qui, selon nos sources, y travaille.

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Dans l’attente d’un cadre réglementaire complet

Côté innovation, Trainline passe à la vitesse supérieure en travaillant sur de nouvelles fonctionnalités, à base d’IA par exemple, et se rapproche des grands acteurs du corpo, dont AMEX GBT, Havas ou encore Concur. Sur ce marché, où l’expérience voyageur et la flexibilité prime parfois sur le prix, Trainline a une carte à jouer. À terme, les TMC pourraient s’affranchir des intégrations multiples si Trainline parvient à agréger toutes les offres et à s’imposer comme une référence. Dès janvier, la plateforme proposera d’ailleurs les nouveaux tarifs Optimum de la SNCF, nous confirme Alexander Ernert.

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Un autre point que soulève le directeur général de Trainline France : celui des commissions. Selon Alexander Ernert, le cadre réglementaire, tant au niveau français qu’européen, n’est pas complet. « Il faut que l’ART arrive à réguler les contrats avec les distributeurs indépendants. Aujourd’hui, nous avons accès à 100% de la donnée, mais le sujet du financement reste un sujet épineux et je considère que la commission reste insuffisante en France : environ 0,9% pour OUIGO et 2,8% pour les TGV INOUI », explique-t-il. En parallèle, Bruxelles souhaiterait une plateforme de distribution unique pour distribuer le contenu ferroviaire européen… De quoi complexifier encore l’équation économique pour les distributeurs.

 

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