Selon une analyse économique commandée par Outpayce (Amadeus), les compagnies aériennes passent à côté de 1,74 milliard de dollars de recettes annuelles en laissant les opérations de change aux banques des passagers. La tarification multidevise, déjà adoptée par quelques acteurs pionniers, pourrait pourtant doubler la rentabilité d’un billet d’avion.
Résultat, une source de revenus à forte marge échappe presque entièrement aux compagnies aériennes.
Une nouvelle étude menée par le Centre for Economics and Business Research pour Outpayce from Amadeus révèle l’ampleur de cette occasion manquée.
Si toutes les compagnies adoptaient la tarification multidevise (MCP) sur leurs sites, elles pourraient générer 1,74 milliard de dollars supplémentaires par an, en se basant sur les comportements actuels des voyageurs.
Et le potentiel pourrait être bien plus élevé : si tous les passagers optaient pour un paiement dans leur devise de préférence, et donc une conversion assurée par la compagnie, les recettes sectorielles grimperaient à 9,6 milliards de dollars par an.
Il rappelle qu’un affichage tarifaire dans une devise non comprise peut faire fuir un internaute au moment de la réservation, « Grâce au Multi Currency Pricing, les compagnies reprennent le contrôle, améliorent l’expérience client et ouvrent une nouvelle source de revenus.«
Les données régionales confirment le potentiel, notamment en Asie-Pacifique (APAC) et en Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), où la diversité de devises accroît la demande de services de change.
À elle seule, la région APAC pourrait générer jusqu’à 3,8 milliards de dollars en cas d’adhésion totale des passagers.
Pour Bimali Malalasekara, Digital Commerce Manager chez SriLankan Airlines, la clé est la transparence, « Le change est un service gagnant-gagnant. Il améliore l’expérience des passagers et génère des recettes entièrement nouvelles. Mais il est essentiel d’afficher clairement la marge appliquée dès le début.«
Selon l’IATA, la rentabilité moyenne par passager sera d’environ 7 dollars cette année, soit 3,6 %. Or, les marges de change appliquées par les compagnies, entre 2,75 % et 3,63 % selon l’étude, peuvent à elles seules égaler ou dépasser ce niveau.
« La marge de change peut doubler la rentabilité de nombreux billets« , résume Owen Good, Head of Economic Advisory au CEBR.
Alors que la pression sur les revenus ancillaires ne cesse de croître, la tarification multidevise s’impose comme un levier simple, efficace et encore largement sous-exploité.
