L’Observatoire EdV-Orchestra dresse le bilan d’une année 2025 placée sous le signe du réajustement. Si l’inflation et les arbitrages budgétaires entraînent un léger recul du nombre de voyageurs, le secteur résiste grâce à une hausse des paniers moyens et à l’insolente santé du moyen-courrier.
Le moyen-courrier, porté par une Égypte impériale, sauve la mise face à une France et un long-courrier à la peine.
Les 5 points clés à retenir du baromètre Entreprises du Voyage (EdV) – Orchestra
L’année 2025 restera comme celle d’un « réajustement » structurel pour le tourisme français. Malgré une baisse de 3,1 % du nombre de dossiers, le volume d’affaires global affiche une stabilité remarquable (-0,4 %), portée par un panier moyen en hausse de 2,9 %, s’établissant à 1 808 €.
Dans un classement dominé par la France (1ère place malgré un recul de 2,3 % des départs), deux destinations tirent leur épingle du jeu (évolution des départs en 2025 vs. 2024 en nombre de dossiers) :
- L’Égypte explose avec une hausse de 22,3 % des départs sur l’année.
- Le Vietnam s’impose comme la surprise long-courrier avec une progression record de 44,8 %.
À l’inverse, des destinations traditionnelles comme la Thaïlande (-20,8 %), les Émirats arabes unis (-20,3 %) et la République Dominicaine (-15 %) accusent un net repli.
L’activité a été marquée par une forte saisonnalité. Si le premier trimestre a bénéficié d’une dynamique positive (+6 % en volume d’affaires en janvier), le printemps a subi un véritable « trou d’air« . Le mois de juin a été le point bas de l’année avec une chute de 16,7 % des réservations.
Fait marquant : les Français anticipent désormais davantage leurs séjours, avec un délai moyen de réservation de 79 jours (+4 jours par rapport à 2024).
En 2025, le trio de tête (des réservations en nombre de dossiers 2025 vs. 2024) reste inchangé malgré le recul de la France et de l’Espagne au profit d’une Tunisie en légère hausse, dans un marché globalement porté là aussi par les croissances exceptionnelles de l’Égypte (+31 %) et du Vietnam (+47 %).
En départs entre janvier et mars, le top 3 destinations se compose de la France, de l’Espagne et de l’Egypte.
Le portrait-robot de ce début d’année 2026 révèle des disparités fortes:
- Les Duos restent la typologie majoritaire (60 % des dossiers) et progressent de 1,8 %.
- Les Familles sont en net retrait (-16,2 %), bien qu’elles affichent la plus forte hausse de budget (+10,8 %).
- Les Circuits sont plébiscités avec une hausse de 13,8 % des réservations, au détriment des séjours hôteliers classiques (-8,2 %).
Pour Valérie Boned, présidente des EDV, ces chiffres traduisent un arbitrage plus fin des ménages : « 2025 aura été une année de réajustement : nous avons accueilli moins de voyageurs qu’en 2024, mais avec des séjours davantage valorisés et un basculement progressif vers le moyen-courrier et quelques destinations long-courrier très dynamiques, comme l’Égypte ou le Vietnam. »
Elle note également la difficulté du marché domestique : « L’hiver 2025-2026 prolonge cette tendance (…) tandis que la France marque le pas. » Un constat appuyé par les chiffres : les réservations vers la France pour ce début d’année chutent de 12,7 %, tandis que le moyen-courrier bondit de 11,9 %.
Le moyen-courrier, grand gagnant : C’est la seule zone géographique en croissance. Alors que la France et le long-courrier reculent, des destinations comme l’Égypte (+31 % de réservations) et la Tunisie tirent le marché vers le haut.
Le Vietnam, exception du long-courrier : Dans un secteur lointain globalement en difficulté (-15 % de dossiers), le Vietnam explose avec une progression de +47 % (en réservations en 2025), s’imposant comme la destination phare de l’Asie.
Hiver 2025-2026 porté par les circuits : Pour le début d’année 2026, les Français délaissent les séjours classiques au profit des circuits (+13,8 %). Le panier moyen pour cet hiver s’envole à 2 286 €.
Des arbitrages plus fins des clients : On observe une baisse de la clientèle familiale au profit des duos et solos, ainsi qu’une anticipation accrue avec un délai de réservation qui s’allonge à 79 jours pour mieux maîtriser les coûts.
