Après une phase de développement, Trenitalia privilégiera la consolidation en 2026

L’opérateur ferroviaire italien dévoile sa feuille de route pour 2026, avec l’objectif de consolider son activité en France et de séduire de nouveaux voyageurs, notamment la clientèle Business. 

Desservant désormais 11 villes en France, via 3 lignes (Paris-Lyon, Paris-Marseille, et Paris-Milan), Trenitalia continue de tracer sa voie dans le paysage ferroviaire français… et européen. Quatre ans après son arrivée dans l’Hexagone, l’opérateur italien a transporté 4,7 millions de passagers et annonce 80 millions de revenus générés en 2025 (contre 40 millions en 2024, soit le double). Une croissance portée par le succès de la ligne Paris-Lyon, le lancement réussi du Paris-Marseille en juin et la reprise du Paris-Milan en avril dernier.

 
Bien que la compagnie admette ne pas encore être rentable, elle souligne que cette situation est la conséquence directe des investissements massifs réalisés pour développer son offre. Malgré des taux de remplissage situés entre 70 et 80%, l’opérateur assume des coûts particulièrement élevés de péages ferroviaires : « Aujourd’hui, 50 % de nos charges fixes sont pour les péages. C’est une spécificité du marché français que nous connaissions avant de nous lancer et, pour le moment, nous sommes en phase avec notre plan. Mais nous ne serons toujours pas rentables en 2026, ni 2027, ça va nous demander du temps », déclare Marco Caposciutti, CEO de Trenitalia France.

Cap sur 2026 : plus de fréquences sur Paris–Lyon

Du temps qu’il souhaite aujourd’hui consacrer à la consolidation de son activité en France et à son développement. Si l’opérateur n’a pas annoncé de nouveaux projets de lignes, hormis le Paris-Londres qui n’est plus un secret, Trenitalia confirme une augmentation de la fréquence de ses trains sur l’axe Paris-Lyon. Une liaison stratégique pour l’opérateur, qui s’apprête à passer de 9 à 14 allers-retours quotidiens à partir du 14 décembre 2025. « Nous assurerons plus d’un tiers de l’offre ferroviaire sur cette ligne à grande vitesse », précise Fabrice Toledano, Directeur Marketing et Commercial chez Trenitalia France.
 

Services premium et créneaux business pour capter la clientèle corpo

Face à la SNCF, l’opérateur italien compte continuer de capitaliser sur sa classe Executive (son offre premium avec service à table illimité), sa sala meeting (une salle de réunion réservable sur demande et payante en supplément du billet), ses espaces Silenzio, et ses nouveaux créneaux de départ depuis et vers Paris pour rejoindre la capitale des Gaules. « La clientèle Business est particulièrement importante pour nous sur cet axe et nous avons, avec l’accord de la SNCF, décidé de proposer davantage de trains le matin et en fin de journée pour répondre à leur besoin de mobilité », explique Marco Caposciutti. À quelques semaines désormais de l’arrivée de la nouvelle classe Optimum de la SNCF et des TGV M dans quelques mois, Trenitalia semble confiante.
 
 
Pour fidéliser sa clientèle et augmenter le taux de remplissage de chaque train, l’opérateur travaille sur un nouveau programme de fidélité, sans donner davantage de détail sur son contenu ou une date de disponibilité : « Le projet est en cours, il faut désormais que nous réfléchissions sur les modalités et la façon dont nous allons l’intégrer dans notre système de vente », confie Fabrice Toledano. Un renouvellement des rames devrait également avoir lieu avec une première livraison destinée au marché italien : « Nous avons commandé des rames nouvelle génération, adaptées au rail européen, qui seront progressivement déployées sur toutes nos lignes. Cet investissement doit nous aider à nous développer en Italie, en France et plus largement sur le marché européen », déclare le CEO de Trenitalia France.

Maintenance, Paris–Londres et horizons 2029

En parallèle, un nouveau centre de maintenance basé à proximité de Paris est en cours de négociation afin d’assurer la maintenance de ses rames françaises et de ses trains à destination de Londres. La compagnie précise qu’il sera ouvert à d’autres compagnies et qu’elle se fixe une date de mise en service d’ici 2029. Une échéance qui correspond à la date visée pour le lancement de ses opérations sur la ligne Paris-Londres, un marché où elle fera face à la concurrence établie d’Eurostar et à celle, possible, de nouveaux acteurs comme Virgin.
 
 
 

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