ADP détaille son projet à 8,4 milliards d’euros pour moderniser Roissy et Orly

Le groupe Aéroports de Paris (ADP) a présenté ce jeudi 11 décembre son projet de Contrat de régulation économique (CRE), un plan d’investissement de 8,4 milliards d’euros destiné à hisser les aéroports parisiens au meilleur standard international. Cette transformation s’accompagnera d’une hausse des redevances aéroportuaires qui risque de raviver les tensions avec les compagnies aériennes, notamment Air France. 

Devant les investisseurs et journalistes, Philippe Pascal, directeur général d’ADP, réitère sa volonté de « bâtir moins mais mieux » et d’investir pour « booster la performance des aéroports parisiens, créer de la valeur et accélérer la transition énergétique », avec une vision « à long terme ». Dans son programme d’investissement de 8,4 milliards d’euros prévu entre 2027 et 2034, plus de 4,4 milliards seront alloués à l’augmentation des capacités à Orly et Paris-CDG, 1,77 milliard pour améliorer le parcours passager, 1 milliard pour faciliter l’accès et renforcer l’intermodalité, 997 millions pour accompagner ses activités aéronautiques et 241 millions pour anticiper les capacités futures. Si le groupe prévoit de travailler principalement sur l’accessibilité sur Orly avec une enveloppe de 1,7 milliard d’euros, c’est à Paris-CDG que sera concentré le gros des investissements (6,2 milliards) et les projets d’envergure. 

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L’amélioration du parcours voyageur comme priorité 

Selon Justine Coutard, directrice générale déléguée du groupe ADP, l’enjeu d’ici 2034 sera d’accroître les capacités selon une logique de progressivité des aménagements, et cela se fera en trois phases. La première entre 2027 et 2030 se concentrera sur la fluidité et l’amélioration du parcours voyageur, la seconde entre 2030 et 2032 sur la densification et l’optimisation des infrastructures, et la troisième entre 2032 et 2034 sur la création de nouvelles infrastructures et le développement intermodal. Comme nous l’avait rapporté le groupe en mars dernier, l’amélioration du parcours passager passera en priorité par la réduction du temps d’attente aux frontières, l’amélioration de la qualité de services aux points de contrôle ou encore par l’amélioration du parcours et de l’expérience client.

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Concrètement, ADP prévoit une nouvelle frontière au Terminal 1 de l’aéroport de Roissy (livraison prévue en 2030), ainsi qu’une nouvelle frontière d’arrivée au Terminal 2E (livraison 2030). Les voyageurs bénéficieront également d’une nouvelle offre de salon « au plus haut standard », avec une surface 1,5 fois supérieure à l’actuelle (livraison 2031). Le groupe a par ailleurs déjà dévoilé les nouveaux noms des terminaux et salles d’embarquement, dont le plan vise à simplifier l’orientation des passagers. 

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Plus de satellites pour moins de navettes 

A Orly, la construction d’un nouveau bâtiment de 10.000m2 entre les halls 1A et 1B est prévue d’ici 2031, abritant une nouvelle zone de contrôle de sûreté et l’agrandissement des salles d’embarquement 1A et 1B. Justine Coutard insiste sur le fait que, sur les deux aéroports, l’objectif sera également de gagner en points de contact avec les avions, afin de limiter l’usage de navettes pour transporter les passagers depuis leur porte d’embarquement jusqu’à leur appareil. « Pour y parvenir, nous allons construire de nouveaux satellites (portes d’embarquement), sans pour autant délaisser les aires au large pour la création de nouveaux postes avions, notamment les gros porteurs », explique la directrice générale déléguée.

Crédit : Groupe ADP

Des infrastructures améliorées pour les compagnies aériennes

Des améliorations notables pour un meilleur accueil des voyageurs, mais aussi des compagnies aériennes, notamment Air France dont le hub se trouve sur la plateforme de Paris-CDG. « Pour la réalisation de ce CRE, nous avons consulté toutes les parties prenantes, y compris les compagnies aériennes car la satisfaction des voyageurs et leur performance opérationnelle passe par l’expérience dans nos aéroports », concède Philippe Pascal. Selon lui, cette visibilité sur 8 ans, devrait leur permettre d’anticiper la hausse des redevances : « Nous restons ouverts au dialogue et l’objectif est de trouver le meilleur équilibre entre le niveau d’investissement et celui de la performance, sans pénaliser la qualité de services ». ADP a ainsi tracé une trajectoire tarifaire en cohérence avec son plan d’investissement, qui anticipe une hausse moyenne des redevances de +2,6 points jusqu’en 2034, avec une hausse de 5,5 points en 2027 (par effet de rattrapage nous précise-t-on), de 3 points en 2028, avant de se stabiliser à 2 points par an à partir de 2029.

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Si cette annonce fait grincer des dents les compagnies, en particulier Air France, ADP se défend de rester compétitif par rapport à d’autres plateformes européennes comme Amsterdam Schiphol (+39% par rapport à ADP) ou Londres Heathrow (+37%). « Il faut avoir en tête que, contrairement aux aéroports régionaux, nous sommes en compétition avec des plateformes internationales. Nous devons être au niveau si nous souhaitons positionner Paris comme une des meilleures plateformes mondiales », martèle Philippe Pascal. L’investissement le plus coûteux sera d’ailleurs la nouvelle ligne de train pour les passagers en correspondance, qui permettra de relier l’actuel T2G au T2F (futurs T7 et T6 en 2027). Le coût du projet : plus d’un milliard d’euros à lui seul, confie-t-il. 

Crédit : Groupe ADP

Ce CRE fera l’objet d’une consultation des usagers en janvier 2026, avant d’être soumis à validation par la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), l’ART (Autorité de régulation des transports) et enfin, l’Etat français, qui reste le principal actionnaire. Si le calendrier est respecté, les premiers chantiers démarreront début 2027, ouvrant une période de huit ans de transformation qui déterminera la capacité des aéroports parisiens à rivaliser avec leurs concurrents européens comme Amsterdam Schiphol ou Londres Heathrow. Un enjeu crucial pour l’attractivité de la région Île-de-France et le rayonnement international de la capitale.

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