Palais des Congrès du Futuroscope : « Le MICE génère 12 millions d’euros de retombées économiques par an »

Que représente aujourd’hui l’activité MICE pour le Futuroscope et quelles sont les infrastructures actuelles ?

Danielle Castan : Le Palais des Congrès existe depuis 25 ans. C’est un site qui a bénéficié de petits travaux réguliers, idéalement situé à 5 minutes à pied du parc du Futuroscope. La grande force de notre offre est ce côté site « all-in-one » très facile d’accès, avec la gare TGV Futuroscope et la gare de Poitiers qui nous placent à 1h17 de Paris.
 
Aujourd’hui, les infrastructures disponibles pour la clientèle MICE sont l’Arena, le Parc et le Palais des Congrès. A ces infrastructures événementielles s’ajoutent 2.000 chambres d’hôtels. Le Palais en lui-même reste un lieu plutôt conventionnel avec des salles de sous-commission, un amphithéâtre, des espaces de restauration et 2.600 m² d’exposition. Nous avons accueilli en 2025 environ 130 événements au Palais, auxquels s’ajoutent des séminaires réguliers. En termes de chiffres d’affaires, le Palais des Congrès a généré 3,6 millions d’euros, sur un total de 12 millions de retombées économiques globales pour le site (hébergement, parc, etc.), le Parc réalisant quant à lui plus de 100 millions d’euros de CA. La Palais des Congrès est un site très pratique et un excellent apporteur d’affaires pour le parc. Il y a eu une vraie mutation depuis 3-4 ans, portée par les investissements importants sur le Parc (nouveaux spectacles, attractions primées) et l’ajout, en 2022, de deux hôtels thématisés appartenant au Futuroscope (+210 chambres, dont des éco-lodges). Cette complémentarité est essentielle puisque les gens viennent pour travailler, mais apprécient les formules spécifiques incluant visites ou privatisations de spectacles en fin de journée, un atout majeur, notamment hors vacances scolaires.

Vous prévoyez d’agrandir le Palais des Congrès d’ici 2028. Pouvez-vous nous détailler ce projet et le montant de l’investissement ?

 
Le Palais des Congrès fonctionnait bien, mais nous avons vu arriver de nouvelles demandes, notamment via des agences attirées par l’actualité et la dynamique du Parc. L’objectif est donc de poursuivre cet élan, d’accroître notre performance commerciale et économique, tout en accélérant sur le développement durable. Il s’agit d’un projet d’agrandissement et de modernisation énergétique pour tendre vers un bâtiment plus neutre et réduire nos émissions.
 
Nous avons lancé un appel d’offres pour la construction d’une nouvelle aile et avons actuellement quatre candidats en lice. Les auditions se termineront fin janvier pour un choix arrêté en avril. Les travaux devraient débuter en fin d’année pour une durée de 14 mois, avec une livraison prévue entre avril et juin 2028. L’exploitation devrait se poursuivre normalement durant cette période, car il s’agit d’une extension, cela va simplement nous demander d’adapter notre calendrier. L’enveloppe globale de cet investissement est de 11 millions d’euros ce qui, à l’échelle du Futuroscope, reste raisonnable. 

Quels sont les objectifs concrets de cette extension ?

Nous voulons répondre aux demandes de grands groupes pour lesquels nous étions un peu « justes ». L’objectif est de pouvoir accueillir des expositions plus grandes (jusqu’à 3.000 m²) et d’augmenter notre capacité de restauration. Actuellement limités à 1.200 personnes assises, nous voulons monter à 1.500 places assises confortables, voire 1.800 à 2.000 en format cocktail. Cette nouvelle aile d’environ 2.000 m² supplémentaires se divisera en deux parties : plus de 1.500 m² d’exposition et 200.m² à l’étage. La philosophie est de favoriser la « co-activité » , c’est à dire d’avoir la possibilité d’accueillir plusieurs événements simultanément, de fluidifier les flux et d’offrir un bâtiment éco-responsable. De plus, en 2028, un nouvel hôtel de 240 chambres ouvrira ses portes. Tout cela participe à cette stratégie d’accueil de grands groupes.

Quelle est votre stratégie pour capter ces nouvelles parts de marché ? Visez-vous une typologie particulière de clients ?

L’idée n’est pas nécessairement de capter plus d’événements en volume, mais de capter mieux. Nous visons peut-être une demi-douzaine d’événements supplémentaires, mais d’envergure. En 2024, nous avons eu du mal à gérer et loger des événements de 800 personnes ; nous devons augmenter cette capacité. Cela pourrait générer facilement 1 à 1,5 million d’euros de CA additionnel, avec des retombées économiques bien plus importantes pour le Parc grâce aux nuitées, car l’objectif est de garder les participants sur site plus longtemps qu’un simple repas ou une journée d’étude.

Concernant la typologie, 82% de nos clients sont nationaux, 13% régionaux et 5% internationaux. Nous faisons 50% de conventions, 25% de congrès et les 25% restants sont des spectacles grand public (notamment le week-end), une part que nous ne cherchons pas à augmenter. Notre stratégie repose sur le démarchage commercial actif. Nous avons identifié un certain nombre de conventions qui ne rentraient pas dans nos installations actuelles, comme le Congrès des Pharmaciens par exemple. Avec ce projet d’extension et le renforcement de l’offre hôtelière sur le site, nous allons désormais pouvoir adresser de nouveaux clients et améliorer notre réponse à leurs demandes. 

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