Croisières : quelles sont les attentes des passagers en 2026 ?

Présentée à Fitur Cruises à Madrid, l’étude menée par CruceroAdicto.com auprès de milliers de croisiéristes hispanophones – en Espagne comme dans les Amériques – éclaire l’évolution rapide des comportements clients dans un grand marché émetteur européen.



Des journées complètes à terre peuvent désormais faire pencher la balance au moment de réserver. @Deposit-Photos

Des journées complètes à terre peuvent désormais faire pencher la balance au moment de réserver. @Deposit-Photos

À l’occasion de Future Cruises, organisé dans le cadre du salon Fitur, Jesús García, rédacteur en chef de CruceroAdicto.com, a choisi de renverser le regard traditionnellement porté par les compagnies sur le marché.

« Sans croisiéristes, il n’y a pas d’industrie de la croisière », a-t-il rappelé, en s’appuyant sur une vaste collecte de données issues de son magazine, du Club de croisiéristes (près de 30 000 membres hispanophones).

Objectif : comprendre comment les voyageurs réservent aujourd’hui, ce qu’ils attendent pour 2026 et ce qui commence à les irriter.

Premier constat : le croisiériste de 2026 apparaît nettement plus expérimenté. Beaucoup enchaînent désormais plusieurs départs par an et arrivent en agences avec une idée précise du produit recherché.

Plus de la moitié savent déjà vers quelle compagnie se tourner, parfois même en citant des marques absentes de l’offre habituelle des réseaux.

La préparation se fait largement en amont sur Internet : blogs spécialisés, forums et avis clients nourrissent la réflexion avant tout contact commercial. Autre évolution notable : la barrière linguistique s’estompe.

Les voyageurs hispanophones se tournent davantage vers des compagnies allemandes comme AIDA ou TUI, notamment parmi les profils aguerris.

Ils se montrent aussi plus attentifs au coût réel du voyage – intégrant taxes, pourboires et forfaits boissons – et réservent plus tôt, tout en combinant parfois une croisière anticipée et une autre en dernière minute.

Selon l’analyse présentée à Madrid, le premier critère de choix reste l’itinéraire : 44 % sélectionnent d’abord la zone de navigation, qu’il s’agisse de la Méditerranée, des fjords, des Caraïbes ou de l’Alaska. Viennent ensuite le rapport qualité-prix global et la taille du navire.

Les mégas paquebots ne font pas l’unanimité : 41 % des répondants privilégient des unités de moins de 3 500 passagers, jugées plus qualitatives en termes de service et d’ambiance à bord.

Les voyageurs attachent également une importance croissante aux temps d’escale.

Six heures minimum deviennent un standard recherché, tandis que des journées complètes à terre peuvent désormais faire pencher la balance au moment de réserver.

L’un des chiffres marquants dévoilés à Fitur concerne la fidélité : 82 % des croisiéristes se disent attachés à l’expérience plutôt qu’à une marque, et deux clients sur trois changent de compagnie ou de navire à chaque départ.

Les programmes de fidélisation ne jouent plus un rôle déterminant dans la décision d’achat. Les profils expérimentés élargissent au contraire leur terrain de jeu, testant des compagnies britanniques, nordiques ou allemandes, et recherchant des produits plus différenciants – comme les croisières côtières en Norvège.

Plus préoccupant pour certains opérateurs : une montée des non-repeaters, notamment après des produits très grand public, jugés parfois en décalage avec les attentes créées par la communication.

Dans les circuits de distribution, les agences conservent un rôle clé : environ 50 % des réservations transitent encore par elles. Mais la vente directe progresse, portée par des clients mieux informés, tandis que les réservations réalisées à bord pour un futur départ gagnent également du terrain.

Les voyageurs plébiscitent toutefois les agences spécialisées dans la croisière, capables d’apporter conseil et suivi personnalisé.

La formule gagnante : se documenter en ligne puis conclure avec un professionnel de confiance.