Selon le rapport Henley Passport Index 2026 qui présente le classement des passeports les plus puissants au monde, Singapour confirme sa suprématie tandis que la fracture de la mobilité mondiale s’accentue, portée par des enjeux géopolitiques et sécuritaires sans précédent.
Basé sur les données exclusives de l’Association internationale du transport aérien (IATA), cet indice classe tous les passeports du monde selon le nombre de destinations accessibles sans visa préalable à leurs détenteurs.
Le classement cette année un contraste : si la liberté de mouvement globale progresse, l’écart entre les nations les plus puissantes et les plus isolées atteint un niveau historique.
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L’Europe reste solidement ancrée dans le top 10, représentée notamment par le Danemark, le Luxembourg, l’Espagne, la Suède et la Suisse.
Toutefois, ce sommet cache une fracture grandissante. Comme le souligne le Dr Christian H. Kaelin, président de Henley & Partners et créateur de l’indice : « Au cours des 20 dernières années, la mobilité mondiale s’est considérablement étendue, mais les bénéfices ont été répartis de manière inégale. Aujourd’hui, le privilège du passeport joue un rôle décisif dans les opportunités économiques et la sécurité. »
Pour Misha Glenny, recteur de l’Institut des sciences humaines de Vienne, ce recul est symptomatique : « L’érosion des droits de mobilité pour des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni est moins une anomalie technique qu’un signal d’un recalibrage géopolitique profond. »
Une proposition prévoit d’exiger des citoyens de 42 pays alliés (dont la France) la divulgation de données personnelles massives : activités sur les réseaux sociaux sur cinq ans, adresses IP, et même des données biométriques conservées jusqu’à 75 ans.
« Pour les Européens habitués depuis longtemps à voyager sans encombre, les conséquences vont bien au-delà du simple désagrément », avertit Greg Lindsay , chercheur associé non résident à l’Atlantic Council et chercheur principal au Threatcasting Lab de l’Université d’État de l’Arizona.
Parallèlement, la mobilité africaine continue de stagner. Le rapport met en lumière les réformes de l’espace Schengen qui ont entraîné une hausse du taux de rejet des visas pour les demandeurs africains, passant de 18,6 % à 26,6 % en dix ans.
| Rang | Pays | Destinations |
|---|---|---|
| 1 | Singapour | 192 |
| 2 | Japon, Corée du Sud | 188 |
| 3 | Danemark, Luxembourg, Espagne, Suède, Suisse | 186 |
| 4 | France, Allemagne, Italie, Autriche, Belgique, Finlande, Grèce, Irlande, Pays-Bas, Norvège | 185 |
| 5 | Hongrie, Portugal, Slovaquie, Slovénie, Émirats Arabes Unis | 184 |
| 6 | Croatie, Tchéquie, Estonie, Malte, Nouvelle-Zélande, Pologne | 183 |
| 7 | Australie, Lettonie, Liechtenstein, Royaume-Uni | 182 |
| 8 | Canada, Islande, Lituanie | 181 |
| 9 | Malaisie | 180 |
| 10 | États-Unis | 179 |
- Singapour reste n°1 : Avec 192 destinations en accès libre, le passeport singapourien demeure le plus puissant au monde.
- Fracture historique : L’écart de mobilité entre le haut du classement (Singapour) et le bas (Afghanistan) atteint un record de 168 destinations.
- Déclin anglo-saxon : Le Royaume-Uni et les États-Unis poursuivent leur érosion structurelle, loin de leur domination de 2014.
- Surveillance numérique : Un projet américain menace la fluidité des voyages pour les alliés européens en exigeant des collectes de données personnelles sans précédent.
- L’ascension des Émirats Arabes Unis : En 20 ans, les EAU ont gagné 149 destinations sans visa, se hissant désormais au 5ème rang mondial.
