République démocratique du Congo- Dernière Minute

Risques encourus et recommandations associées

Risques liés au contexte politique

Après la fin du dernier cycle électoral, la situation s’est globalement apaisée. Des tensions peuvent toutefois avoir lieu entre formations politiques à Kinshasa et dans les autres villes du pays ainsi que des manifestations liées à la situation économique et sociale.

Des manifestations peuvent avoir lieu, en amont des journées de commémoration, de fêtes nationales ou à la suite d’appels à la mobilisation populaire. Il est recommandé de limiter ses déplacements, d’éviter les rassemblements et de se renseigner sur les lieux visités.

Risques liés aux groupes armés

L’est du pays, en particulier les provinces des Kivu et de l’Ituri, demeure marqué par la présence de nombreux groupes armés, notamment le groupe islamique des Forces démocratiques alliées (ADF), présent dans la province du Nord-Kivu et de l’Ituri, dont les dernières attaques ont été revendiquées par l’« État islamique ». Les Forces armées de RDC (FARDC) et celles d’Ouganda (UPDF) ont lancé contre ce groupe plusieurs offensives qui se poursuivent toujours et qui ont eu notamment pour conséquence de diffuser la menace.

L’attaque du 22 février 2021 au cours de laquelle l’Ambassadeur italien, son garde du corps et le chauffeur du Programme alimentaire mondial ont été tués témoigne du niveau d’insécurité important dès la sortie de la ville de Goma.

Criminalité

Le niveau d’insécurité déjà élevé dans la capitale tend à se dégrader avec la situation économique. Il augmente en province, notamment dans les villes de Goma, Bukavu, Kisangani, Matadi et Lubumbashi.

Des agressions violentes sont régulièrement rapportées (vols à main armée, vols avec effraction, enlèvements, exactions, agressions sexuelles, etc.). Les cambriolages de domicile, les vols à la roulotte (vol commis dans un véhicule) et les « car-jackings » (vol de voiture avec violence) constituent les menaces les plus courantes. De faux contrôles, commis par des individus se faisant passer pour des policiers qui embarquent parfois de force leur victime dans un véhicule, sont également signalés régulièrement.

Les étrangers de passage se déplaçant seuls à pied sont particulièrement ciblés par les délinquants. Il est donc fortement déconseillé de se déplacer seul à pied.

Des chantages sur la base de fausses accusations ont été également signalés. Les étrangers fréquentant seuls les lieux de nuit constituent à cet égard des cibles privilégiées.

En cas d’agression, il est recommandé de ne pas résister, de se signaler aussitôt aux services de l’ambassade de France et aux services de la police nationale congolaise, et de consulter un médecin si la situation l’exige.

À son domicile, il est fortement conseillé de disposer d’un gardiennage permanent (privé ou société de sécurité).

Risque terroriste

La menace terroriste est avérée dans plusieurs territoires des provinces de l’Ituri (territoires de Mambasa et d’Irumu) ainsi que dans le grand Nord Kivu (territoire de Beni et Lubero). Suite à plusieurs attaques, visant notamment des lieux de culte, il est recommandé de faire preuve de prudence dans les endroits fréquentés (lieux de culte, marchés, bars, hôtels etc..) en particulier aux heures et jours d’affluence.

Risques liés aux transports

Lors de déplacements, il est conseillé :

  • d’éviter les trajets de nuit ;
  • de varier ses trajets et ses horaires afin d’éviter le repérage des véhicules ;
  • de prévenir des personnes de confiance des dates, trajets et horaires de déplacement dans les zones risquées et/ou isolées ;
  • de ne pas montrer de signe ostentatoire de richesse et de laisser ses objets de valeur dans des lieux sécurisés.

Le parc automobile est très vétuste, le réseau routier est en mauvais état et peu de routes sont asphaltées, ce qui rend les déplacements à l’intérieur du pays difficiles voire dangereux. Il importe d’être attentif aux véhicules qui se déportent inopinément ainsi qu’aux véhicules en panne dans des zones à risque (sorties de virage, montées ou descentes, etc.).

Le niveau de formation des forces de sécurité étant disparate, une grande prudence est à observer lors des contrôles. Des points de contrôle illégaux sont fréquents sur l’ensemble du territoire.

Il est fortement recommandé de verrouiller systématiquement les portes du véhicule et de circuler vitres fermées.

En raison du risque élevé d’accidents, il est fortement déconseillé d’employer les transports en commun. Les transports ferroviaires sont également peu sûrs et très aléatoires. Les transports fluviaux sont également fréquemment marqués par de graves accidents.

Lors des déplacements en taxi, il est recommandé de se déplacer de jour et à bord de véhicules dont les conducteurs sont connus et si possibles privatisés, pour éviter la présence d’autres passagers pouvant être complices. Les agressions de passagers, et plus particulièrement de jeunes femmes avec des taxis inconnus et de nuit, sont récurrentes.

À Kinshasa, l’état de la circulation s’est considérablement dégradé suite aux travaux d’aménagement d’infrastructures inachevés et à l’afflux de taxis (« ketch ») dans les artères de la capitale. Les embouteillages quotidiens font des automobilistes une cible captive pour les délinquants. En conséquence, plus encore que dans le reste du pays, il est indispensable de bien verrouiller les portières, de ne pas sortir des véhicules et de vérifier les fixations des miroirs de rétroviseurs extérieurs, qui font l’objet de trafics.

Le quartier résidentiel de La Gombe, où vit l’essentiel de la communauté étrangère et où sont regroupées les principales institutions du pays, est également concerné.

Compte tenu des difficultés de circulation et du comportement de certains policiers, il est recommandé de recourir à des conducteurs congolais, et de ne laisser personne pénétrer à bord du véhicule. Les permis de conduire français ou internationaux ne sont pas valables (cf. rubrique « Infos utiles »).

Les conducteurs de taxis « ketch » et autres véhicules de transport en commun adoptent souvent une conduite agressive pour forcer le passage au mépris des règles élémentaires de circulation, exposant davantage les usagers au risque d’accident.

La circulation à deux roues est fortement déconseillée compte tenu de l’exposition accrue des usagers motocyclistes dans un flot de circulation dense et parfois anarchique.

En cas d’accident, même matériel, le risque de regroupement, avec prise à partie par les badauds, est élevé. En cas de menace directe et immédiate, il est recommandé de ne pas rester sur les lieux et d’appeler immédiatement le poste de sécurité de l’ambassade.

Les déplacements en véhicule de Goma vers Rutshuru/Butembo/Béni sont à proscrire car le risque d’attaques armées est particulièrement important.

Il est également fortement déconseillé d’emprunter l’axe routier Goma-Bukavu ; il convient de privilégier un trajet passant par le Rwanda ou d’emprunter la navette sur le lac Kivu.

Risques naturels

Risque sismique

Le risque sismique est élevé dans l’est du pays, qui subit régulièrement des secousses d’intensité moyenne (4 à 6 sur l’échelle de Richter).

Plusieurs séismes ont été recensés au sud du lac Kivu ces dernières années.

Pour plus d’informations sur les comportements à adopter en cas de tremblement de terre, consulter la fiche dédiée au risque sismique.

Risque volcanique

La région du Nord-Kivu est particulièrement exposée au risque volcanique. Le volcan Nyiragongo, situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Goma, est un des plus actifs et dangereux d’Afrique. Lors de son éruption en 2002, ses coulées de lave ont détruit près de 20 % de la ville. Son éruption soudaine le 22 mai 2021, accompagnée de secousses, a causé de nombreux dégâts matériels et provoqué l’évacuation de dix quartiers de Goma. Le Nyamulagira, situé dans le parc national des Virunga et à quelques dizaines de kilomètres du lac Kivu, est également très actif (dernière éruption datant de 2010). Les randonnées sur les pentes du volcan ne sont pas sécurisées. En outre, plusieurs groupes armés sont installés à proximité et les enlèvements sont fréquents.

Pour plus d’informations sur les comportements à adopter, consulter la page dédiée au risque volcanique.

Zones de vigilance

Les voyages touristiques sont déconseillés sur l’ensemble du territoire. Bien que le pays compte plusieurs parcs nationaux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, les conditions de sécurité ne sont pas réunies, a fortiori dans l’est de la RDC.

Zones formellement déconseillées (en rouge)

Est du pays

La prise de Goma (Nord Kivu) puis Bukavu (Sud Kivu) par la rébellion du M23, soutenu par les forces armées rwandaises, a entrainé une dégradation de la sécurité liée à la dissémination d’armes à feu, à la présence de nombreux groupes armés et une situation humanitaire catastrophique affectant la population locale.

Bukavu et Goma connaissent aussi un regain de violences liées à un moindre contrôle de ces villes par le M23.

Il convient donc d’éviter de se rendre, quel qu’en soit le motif, dans ces régions, formellement déconseillées.

Il est formellement déconseillé de se rendre dans le parc national des Virunga, le parc de Kahuzi-Biega et le parc de la Garamba, des enlèvements étant régulièrement signalés. Le risque d’enlèvement contre rançon existe dans tout l’est du pays.

Compte tenu de la présence de groupes armés (Maï-Maï) et d’affrontements avec les FARDC, la province du Tanganyika, est formellement déconseillée.

Provinces du Mai-Ndombe, Kwilu et Kwango

Il est formellement déconseillé de se rendre dans les provinces du Kwilu et du Kwango en raison de la présence de milices armées.

Il est formellement déconseillé de se rendre sur le territoire du Kwamouth dans la province du Maï-Ndombe. Ce territoire comprend les villes de Kwamouth, Bandundu et la frontière sud de la province du Maï-Ndombe.

Les plateaux des Bateke, le parc de Bombo-Lumene, la RN1 en direction de Kikwit se situent dans le champ d’action de ces miliciens. Il est formellement déconseillé aux ressortissants français de se déplacer dans ces zones et dans les sites touristiques qui s’y trouvent.

Zones déconseillées sauf raison impérative (en orange)

En raison de l’instabilité politique et de l’insécurité générale, le reste du pays est placé en zone déconseillée sauf raison impérative.

Provinces du Kasaï, Kasaï central et Kasaï oriental

Il est déconseillé sauf raison impérative de se rendre dans les trois provinces du Kasaï où des affrontements peuvent opposer des milices armées encore présentes dans la zone.

Les villes de Kananga, Bunkonde, Tshimbulu et Tshikapa peuvent être le lieu d’attaques visant les représentants de l’autorité centrale congolaise.

Province du Mai-Ndombe

La province du Mai-Ndombe fait régulièrement l’objet d’attaques de miliciens armés. L’ensemble de la région du grand Bandundu est aujourd’hui affectée par l’activisme de la milice MOBONDO.

Des incursions ont également été constatées au Kongo Central. Il est déconseillé aux ressortissants français, sauf raison impérative, de se déplacer dans ces zones et dans les sites touristiques qui s’y trouvent.


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Dernière actualisation le 7/11/2025, toujours en vigueur le 18/12/2025

Recommandations générales

De manière générale, il est recommandé de :

  • limiter ses déplacements et se tenir informé de la situation dans les différentes villes du pays ;
  • privilégier les déplacements en voiture, portes verrouillées et vitres fermées, avec des conducteurs locaux (qui sont plus habitués aux conditions de circulation, et capables de parler la langue locale en cas d’incident) ;
  • ne pas se déplacer seul ou de nuit ;
  • ne montrer aucun signe ostentatoire de richesse et laisser tout objet de valeur dans un lieu sécurisé (ex : coffre des hôtels) ;
  • laisser ses documents de voyage et d’identité en lieu sûr et se munir de photocopies lors de déplacements dans le périmètre du lieu de séjour ;
  • se tenir à l’écart des manifestations et autres rassemblements ;
  • ne pas opposer de résistance en cas d’agression.

Les Français de passage en RDC sont vivement invités à signaler leur présence au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères par l’intermédiaire de la plateforme Ariane.