Le GIE Le Havre Croisières a rendu publique une tribune collective appelant au rejet immédiat de la nouvelle taxe croisière. Cosigné par plusieurs acteurs de la filière maritime, dont CLIA Europe, le texte dénonce une mesure jugée redondante avec l’ETS européen et potentiellement préjudiciable à l’économie portuaire.
Le document, long de trois pages, est cosigné par plusieurs organisations du secteur maritime – Armateurs de France, GICAN, Cluster maritime français, Union des ports de France – ainsi que par CLIA Europe.
Le cœur de l’argumentaire repose sur la superposition des mécanismes fiscaux.
Le texte rappelle que les croisières sont déjà intégrées au Système européen d’échange de quotas d’émission (EU ETS), comme l’avait fait savoir la CLIA à TourMaG quelques jours après le vote des sénateurs, avec une montée en charge progressive jusqu’à une couverture totale des émissions en 2026, incluant le méthane et le protoxyde d’azote.
Le port rappelle que ses nouveaux terminaux croisière ont été conçus selon des standards exigeants : bâtiments économes à toitures photovoltaïques, quais entièrement électrifiés, gestion optimisée des flux et 4,5 hectares d’espaces végétalisés.
À cela s’ajoute une redevance passager déjà acquittée par les compagnies, contribuant directement au financement de ces investissements. « Les acteurs du secteur ne sont donc pas extérieurs à l’effort : ils y participent déjà », souligne Le Havre Croisières dans son commentaire accompagnant la tribune.
Le texte estime qu’une baisse de seulement 3% des passagers lors des escales françaises entraînerait une perte de 75 M€ pour l’économie nationale, effaçant par anticipation les recettes attendues de la taxe.
Cité par Le Marin, la CGT du port de Marseille-Fos, syndicat majoritaire du premier port français de croisière, estime que cette taxe, si elle voyait le jour, « fragiliserait des activités essentielles, y compris la réparation navale, détournerait les armateurs vers d’autres ports méditerranéens et menacerait directement des centaines d’emplois ».
Plus largement, la croisière est présentée comme un pilier industriel : 7 milliards d’euros de production économique, 3,2 milliards d’euros de contribution au PIB et près de 40 000 emplois soutenus en France, y compris dans la construction navale, où les Chantiers de l’Atlantique et leurs fournisseurs dépendent d’un marché européen dynamique.
