Selon les communiqués de presse publiés par les deux opérateurs ferroviaires, le protocole d’accord formalise leur intention d’explorer les options permettant de proposer un service direct entre Londres et les principales villes allemandes, notamment Cologne et Francfort. Le projet combine l’expérience d’Eurostar dans le transport transmanche et la présence de Deutsche Bahn sur le réseau allemand. Le lancement est envisagé pour le début des années 2030, à condition que les exigences techniques, opérationnelles et juridiques soient satisfaites.
Des défis politiques et réglementaires
Le projet bénéficie du soutien des gouvernements britannique et allemand. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a indiqué que cette liaison « permettra(it) de placer la Grande-Bretagne au cœur d’une Europe mieux connectée ». Le ministre fédéral des Transports allemand Patrick Schnieder a qualifié l’initiative de « signal pour l’avenir du transport ferroviaire européen ». Une task force a été créée pour traiter les aspects juridiques, infrastructurels et politiques, notamment les formalités d’entrée et les accords intergouvernementaux.
Cette démarche découle du traité d’amitié et de coopération bilatérale signé le 17 juillet 2025. Ce document prévoit notamment des dispositions pour faciliter les services ferroviaires directs de longue distance entre les deux pays. La première réunion de la task force s’est tenue à Berlin le 25 novembre 2025, rassemblant des représentants des gouvernements et des industries concernées.
Combien ça coûte ?
On sait que les compagnies utiliseraient la nouvelle flotte d’Eurostar, Celestia, dévoilée en octobre dernier. Dans ce domaine, l’investissement global s’élève à 2 milliards d’euros pour une commande de 30 trains, avec une option pour 20 unités supplémentaires. Ces trains à double niveaux constitueraient les premiers de ce type à circuler dans le tunnel sous la Manche et sur le réseau britannique. Mais on ne peut pas attribuer l’entièreté de ce budget à ce seul projet anglo-germanique puisqu’Eurostar parle d’une utilisation “européenne” de ces nouvelles rames, notamment en Suisse, en dehors, donc, de la ligne entre Londres et l’Allemagne.
> A lire aussi : Eurostar investit 2 milliards d’euros pour des trains à double niveaux
De la même façon, on pourrait imputer à ce projet une partie des quelque 80 M€ dédiés au réaménagement du site de maintenance de Temple Mills, à Londres, indispensable aux opérateurs ferroviaires trans-Manche. Mais une partie seulement. Quant au coût des adaptations d’infrastructure nécessaires, ceux liés aux études de faisabilité technique et opérationnelle, aux dépenses de mise en conformité réglementaire et à l‘investissement dans les installations terminales pour les contrôles frontaliers, ils n’ont pas encore été chiffrés.
> Lire aussi : Temple Mills, par où passeront les concurrents d’Eurostar
Des questions opérationnelles complexes
Or, le projet implique effectivement des contraintes techniques et opérationnelles substantielles. Les temps de trajet estimés seraient d’environ 4 heures entre Londres et Cologne, et d’un peu plus de 5 heures entre Londres et Francfort. Les deux compagnies devront élaborer des horaires et examiner les installations terminales permettant les contrôles frontaliers et de sécurité internationaux. Michael Peterson, membre du conseil d’administration de Deutsche Bahn, a reconnu que « les nouveaux services transfrontaliers de longue distance ne sont souvent possibles que par le biais de partenariats comme celui-ci, en raison des conditions cadres complexes ».
Gwendoline Cazenave, directrice générale d’Eurostar, a déclaré que « ce partenariat contribuera à poursuivre la croissance d’Eurostar et nous rapprochera de notre objectif de transporter 30 millions de passagers ». L’exploitation de cette liaison devrait générer environ 350 emplois supplémentaires au dépôt de Temple Mills. Les premiers trains Celestia devraient entrer en service commercial en mai 2031, avec six unités opérationnelles à cette date. La flotte complète de 50 trains porterait la capacité totale d’Eurostar à 67 trains, soit 30% de plus qu’actuellement. Peut-être pour relier le Royaume-Uni à l’Allemagne…
L’article Eurostar et Deutsche Bahn projettent de relier Londres à l’Allemagne est apparu en premier sur Déplacements Pros.