Après l’ouverture de Paris/Marseille en juin, la compagnie ferroviaire augmente son offre entre Paris et Lyon dès le 14 décembre, avec 14 allers/retours quotidiens. Et réfléchit à lancer un Paris/Londres, mais pas avant 2029/2030.
Ce renforcement du nombre de fréquences, qui devrait tout particulièrement séduire les voyageurs d’affaires qui font l’aller/retour dans la journée, permettra à Trenitalia de s’imposer comme un challenger majeur pour la SNCF, en assurant un tiers de l’offre sur la plus fréquentée des lignes françaises.
Trenitalia France, qui espère que le 14 lui portera bonheur, en profite pour mettre en scène ce chiffre dans une vaste campagne publicitaire, de la télé à l’affichage en grand sur la façade de la gare de Lyon, à Paris.
« La 14 Mania » se décline également avec une promotion exceptionnelle à 14 € l’aller simple pour toutes les réservations effectuées le 14 décembre, pour des voyages dans les six prochains mois.
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En 2025, Trenitalia France a transporté 1,8 million de passagers, un chiffre qui a doublé par rapport à 2024. Et depuis quatre ans, elle a fait voyager 4,7 millions de personnes dans ses trains à grande vitesse Frecciarossa.
« Quand nous sommes arrivés en France, notre ambition était de faire grossir le marché ferroviaire. Mission réussie puisqu’en parallèle, la SNCF affiche également une croissance » se félicite Marco Caposciutti , président de Trenitalia France.
Sur Paris/Lyon, le nombre de passagers (SNCF et Trenitalia France) a augmenté de 20% depuis 2019, deux fois plus que sur les lignes où il n’y a pas de concurrence, et les prix ont baissé d’environ 10%.
Sur Paris/Marseille (via Lyon, Avignon et Aix-en-Provence), la baisse des prix atteindrait 30% depuis l’arrivée des Frecciarossa selon le site Trainline, avec une concurrence qui pousse la compagnie nationale à améliorer la qualité.
« C’est un cercle vertueux, avec plus de recette pour les transporteurs qui peuvent investir, plus de péages pour améliorer le réseau ferré » poursuit Solène Garcia-Berson, qui plaide pour une accélération de l’ouverture à la concurrence.
Dans les autres pays européens, cette ouverture se traduirait par des baisses de prix de 28% en moyenne sur les lignes concernées selon l’AFRA.
Car pour l’heure, si la compagnie a vu ses ventes bondir de 40 millions d’euros en 2024 à 90 M€ cette année, elle n’est pas encore rentable.
Et les soubresauts sur le Paris/Milan a encore compliqué la donne, en faisant perdre 900 000 clients en 19 mois. « Nous afficherons des pertes en 2026, c’était prévu » confirme Marco Caposciutti, qui reste évasif quant à la date des premiers bénéfices.
Le Paris/Marseille contribue également à mieux irriguer les territoires. « 40% des descentes et montées de voyageurs s’effectuent dans les gares d’Avignon et Aix-en-Provence » précise Fabrice Tolenado, directeur commercial et marketing.
Sur le marché BtoC, la forte position de SNCF Connect (qui ne revend pas Trenitalia) constitue un obstacle. « Nous avons notre site, des bureaux de ventes, des partenaires qui distribuent notre offre » ajoute Fabrice Tolenado.
Un accord a été signé avec Amadeus en avril et la compagnie était partenaire de la convention des Entreprises du Voyages Ile-de-France aux Açores en novembre.
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Elle réfléchit également à la mise en place d’une carte de fidélité pour les voyageurs fréquents, qui pourrait voir le jour dans les prochains mois.
Enfin, à plus long terme, Trenitalia France devrait construire un centre de maintenance en région parisienne pour gagner en efficacité opérationnelle. Et si la ligne Marseille/Nice/MIlan n’est pas à l’ordre du jour, le transporteur réfléchit à ouvrir une ligne Paris/Londres, mais pas avant 2029/2030.
