Amsterdam-Schiphol vise le top 3 européen avec un plan à 10 milliards d’euros

L’aéroport d’Amsterdam-Schiphol a dévoilé un ambitieux plan de modernisation à l’horizon 2050, assorti d’un programme d’investissements de 10 milliards d’euros d’ici 2035. Ce projet de transformation d’envergure vise à consolider la position du hub néerlandais face à une concurrence européenne accrue, tout en répondant aux exigences environnementales et aux contraintes opérationnelles imposées par le gouvernement.
 
La pièce maîtresse de cette stratégie repose sur la construction d’un nouveau Terminal Sud, conçu pour préserver le concept de « terminal unique » qui fait la spécificité de Schiphol. Cette configuration facilite les correspondances, un atout décisif pour les compagnies de réseau comme KLM, premier transporteur de la plateforme.
 
 
Le plan prévoit également l’ouverture de la jetée A en 2027 et la rénovation des jetées B, C, D et H/M, afin d’accueillir des appareils de nouvelle génération, plus silencieux et plus économes en carburant. Ces infrastructures modernisées devront améliorer les flux passagers, réduire la congestion et permettre la reconstruction d’installations vieillissantes. Ruud Sondag, PDG de Royal Schiphol Group, a présenté cette stratégie comme une réponse aux défis actuels : « Nous visons la qualité et l’équilibre, en améliorant l’expérience passager, les conditions de travail et les performances opérationnelles, tout en réduisant notre impact environnemental et sonore. »

KLM signe un accord de relocalisation

Dans le cadre de ce réaménagement, KLM Royal Dutch Airlines a signé le 21 novembre une lettre d’intention avec Schiphol portant sur la relocalisation de ses activités de catering et de fret, ainsi que sur la libération de l’immeuble Topside situé au cœur de la plateforme. L’accord, qui devrait être formalisé au deuxième trimestre 2026, prévoit une compensation financière que la compagnie s’engage à réinvestir dans de nouvelles installations adaptées aux besoins d’un hub moderne.
 
Marjan Rintel, présidente-directrice générale de KLM, a salué ces investissements tout en émettant une mise en garde : « Ces projets sont essentiels pour que KLM continue d’offrir un excellent service et maintienne de solides connexions entre les Pays-Bas et le reste du monde. Toutefois, l’attractivité de Schiphol dépendra de sa capacité à maîtriser les coûts pour les voyageurs et les compagnies aériennes. »

Un contexte opérationnel et fiscal complexe

Le projet Schiphol 2050 intervient dans un environnement contraint. Depuis 2025, le gouvernement néerlandais a imposé un plafond de 478.000 mouvements annuels à l’aéroport, contre 500.000 auparavant, dans le cadre d’un plan de réduction des nuisances sonores de 15%. Cette décision, contestée par KLM qui la juge « juridiquement insoutenable », a été validée par la Commission européenne en mars 2025 après des années de contentieux avec les associations de riverains.
 
 
Parallèlement, les taxes sur le transport aérien aux Pays-Bas connaîtront une hausse significative. Dès janvier 2026, la taxe passager augmentera de 2,9%, avant une nouvelle majoration en 2027 qui devrait générer environ 1,1 milliard d’euros de recettes annuelles. Selon plusieurs sources, la taxe pourrait atteindre 71 euros pour les vols long-courriers, faisant des billets néerlandais les plus chers de l’Union européenne. Cette pression fiscale inquiète les acteurs du transport aérien, qui craignent un report du trafic vers les aéroports concurrents de Bruxelles, Düsseldorf ou Cologne-Bonn. « Nous risquons de pousser nos passagers vers des plateformes étrangères », alertait récemment une porte-parole de KLM.

Objectifs environnementaux ambitieux

Sur le plan environnemental, Schiphol s’est fixé un objectif de réduction de 90% de ses émissions directes de CO2 (scopes 1, 2 et une partie du scope 3) d’ici 2030. Cette ambition repose sur plusieurs leviers : électrification des véhicules au sol, suppression du gaz naturel dans les bâtiments, déploiement de systèmes d’alimentation électrique et de pré-conditionnement d’air sur l’ensemble des portes d’embarquement, et construction de nouveaux bâtiments selon des standards de durabilité élevés. L’aéroport a également revu sa grille tarifaire pour favoriser les avions les plus silencieux. Résultat : la part des opérations effectuées par les appareils les plus silencieux est passée de 23% à 33% en un an.

Bataille pour le podium européen

Au-delà des considérations techniques et financières, Schiphol ambitionne de reconquérir sa place dans le trio de tête des hubs européens, dominé actuellement par Londres-Heathrow, Paris-Charles de Gaulle et Francfort. Le trafic de Schiphol a atteint 476.000 mouvements sur l’année, légèrement sous le nouveau plafond gouvernemental. 
 
 
Pour accompagner cette transformation, Schiphol mise sur une amélioration significative de ses accès terrestres. Un projet de ligne de métro reliant Amsterdam, Schiphol et Hoofddorp est à l’étude, visant à renforcer la résilience du système de transport et à gérer les pics de demande pendant la phase de modernisation des infrastructures. Plus récemment, la SNCB et NS, opérateurs ferroviaires nationaux, respectivement de Belgique et des Pays-Bas, ont lancé en 2024 une nouvelle liaison ferroviaire à grande vitesse entre Bruxelles et Amsterdam, via l’aéroport de Schiphol. 
 

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