Selon le « Travel Market Report 2026 Outlook » publié par BCD Travel, l’année 2026 s’annonce comme celle de la normalisation pour le voyage d’affaires, mais où chaque région du monde devra composer avec sa propre partition. Si la croissance économique mondiale ralentit pour s’établir à 2,6 %, un rythme inédit depuis 2009 hors-Covid, les dynamiques de prix, elles, seront tout sauf uniformes.
Pour le secteur aérien, 2026 sera une année de hausses contenues. Selon BCD Travel, le prix moyen des billets ne progresserait que de 1,1% à l’échelle mondiale, avec de fortes nuances régionales. L’Afrique et l’Asie arrivent en tête (+2,5% et +2,0%), l’Europe se cale autour de +1,5%, l’Amérique latine reste modérée (+0,8%) et l’Amérique du Nord demeure atone (+0,4%). En Europe, la tension devrait être plus marquée sur le long-courrier, avec davantage de mouvements plus marqués en classe Economique. La demande continue de progresser, mais le rythme post-pandémie ralentit et le marché nord-américain pèse sur l’économie mondiale.
Mais le fond du sujet pour l’année 2026 devrait être la distribution. La montée en puissance du NDC a plusieurs conséquences : moins de remises corporates, davantage de « bundles » tarif+services, et des contenus attractifs parfois réservés aux canaux directs. Les surcharges restent un angle mort coûteux, pouvant représenter 20–30% d’un billet long-courrier, d’où la nécessité d’un suivi rigoureux. Pour les acheteurs, la priorité est à l’économie et BCD préconise d’aligner TMC, OBT et GDS sur une stratégie NDC clair dans l’objectif de préserver l’accès aux meilleurs contenus, limiter le leakage et renégocier en tenant compte des surcharges autant que des bases tarifaires.
Le budget hôtelier en hausse de près de 5% en 2026
Au global, le coût du budget hôtelier devrait augmenter de 4,9% en 2026. Sous cette moyenne, les continents avancent à des vitesses différentes : Moyen-Orient (+8,2%) et Amérique latine (+6,4%) en tête, devant l’Asie (+5,1%), l’Europe (+5,4%), l’Amérique du Nord (+2,2%) et le Pacifique Sud (+2,6%). Une carte des prix qui reflète des effets de rattrapage, couplés à des politiques fiscales locales et des calendriers d’événements majeurs, notamment les JO d’hiver en Europe.
En Europe, la hausse de 5,4% masque des contrastes qui compteront dans les budgets. La France se situerait autour de +4%, l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas et la Pologne en bas de fourchette (entre +2,5% à +3,5%), quand l’Italie et l’Espagne affichent une croissance anticipée d’environ 7%. La Suisse se singularise avec +10,5%, tirée par la bonne santé du segment haut de gamme sur les hubs d’affaires et les destinations loisirs premium. Le rapport note qu’aux Pays-Bas, un projet de relèvement de la TVA hébergement de 9% à 21% au 1er janvier 2026, serait susceptible de déplacer une partie du MICE vers d’autres hubs événementiels, dont Paris ou Francfort.
Mobilités terrestres : hausses mesurées, addition qui grimpe
Sur la route, la location de voiture reste un marché vendeur. Les renégociations 2026 s’annoncent une nouvelle fois à la hausse, mais plus raisonnables qu’en 2025, dans une fourchette comprise entre 2 et 4% pour les comptes corporates. Le vrai sujet se concentre désormais sur les surcharges locales (parfois à l’échelle d’un État aux États‑Unis), les coûts d’acquisition d’un véhicule et de réparation qui restent élevés, et les parkings urbains qui renchérissent la facture totale. Conséquence : de plus en plus de programmes comparent systématiquement le coût complet location + stationnement, face aux alternatives VTC et taxi.
Une année à risques
Les événements extrêmes climatiques sortent des zones « habituelles » et bousculent désormais des hubs d’affaires majeurs, tout comme les tensions régionales peuvent engendrer la fermeture d’un espace aérien du jour au lendemain. Avec l’essor de l’IA, les entreprises doivent également lutter contre la désinformation et les cyberattaques qui perturbent la prise de décision en temps de crise. Côté frontières, l’Europe doit activer son ETIAS en 2026, ajoutant une pré-autorisation pour les voyageurs non-UE vers l’espace Schengen. Pour les travel managers, l’anticipation, la communication proactive, la visibilité en temps réel sur les voyageurs et une coordination renforcée entre les équipes Travel/Sécurité/IT seront nécessaires.
RSE : des entreprises et un marché du voyage d’affaires sous pression
Enfin, le dernier pilier du rapport de BCD concerne la durabilité. L’extension des obligations de reporting, à commencer par la CSRD en Europe, mettra les entreprises sous pression pour produire des données d’émissions auditables et comparables, tout en évitant le greenwashing. Les acheteurs devront arbitrer entre investissements concrets (carburants d’aviation durables, hôtels alimentés en renouvelable, électrification des flottes) et solutions d’influence des comportements à la réservation, avec l’IA comme nouvel allié pour le suivi, l’optimisation d’itinéraires et l’analyse fournisseurs.
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La « justice climatique » gagne également du terrain dans le débat public, avec l’idée de contributions des grands voyageurs au bénéfice de communautés impactées. En somme, 2026 devrait être une année d’ajustements stratégiques, où l’on gagne en précision ce que l’on perd en vitesse. Les programmes qui réussiront seront ceux qui feront converger efficacité économique, résilience opérationnelle et transparence environnementale.
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