Trop éloignée géographiquement et culturellement, l’Inde est sans doute l’un des pays les plus fantasmés et contrastés des imaginaires touristiques. Soit, on la connait et on l’aime. Soit, on ne la connait pas et on ne l’aime pas. Où bien l’on éprouve pour ce pays fascination, perplexité et craintes en même temps.
Si l’on prend la génération du baby-boom dont une partie a fait la route depuis l’Europe jusqu’au nord du pays puis le Népal ou le Sikkim et le Bhoutan, celle-ci est particulièrement élogieuse sur cette région qui lui a ouvert les portes de ses richesses culturelles, humaines, spirituelles.
Les nuits de pleine lune à Goa, les déambulations autour de la porte des Indes à Bombay, les interminables voyages en trains chaotiques, les eaux du Gange sacralisées par les innombrables dieux d’une mythologie étonnamment peuplée par toutes sortes de figures mélangeant humains et animaux fantastiques, déesses et dieux…
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Tandis que, de Shiva, le destructeur à Brahma en passant par Vishnu, les divinités hindoues sont les autres grandes vedettes du voyage en Inde tel que l’ont pratiqué les premiers routards et leurs émules dans les années soixante et soixante-dix.
Fournissant leur dose d’exotisme et de mysticisme, ces dieux et déesses font de l’Inde une terre mystérieuse et sacrée qui aujourd’hui encore affiche ses traditions millénaires à travers son vêtement, ses bijoux, ses fêtes, sa musique, ses traditions et son architecture fluctuante entre ses strates hindouistes, l’époque Moghole dont le Taj Mahal est le plus bel exemple, et la colonisation britannique que les quartiers victoriens et art déco de Bombay illustrent à merveille.
Des voyages au long cours de ces jeunes contestataires s’est exportée en même temps que la religion au sens pur, une appétence pour les sagesses orientales et les pratiques mystiques.
Le Yoga, le Tantra, le jeûne, le salut au soleil, l’existence de chakras, la croyance en un karma, le samsara, la réincarnation, les ashrams et toutes sortes de thérapies comme les massages ayurvédique, ma méditation font toujours florès dans nos villes tandis que les mots qui vont avec sont entrés dans notre vocabulaire.
D’une région à l’autres, les saveurs des épices changent et procurent des sensations suffisamment exceptionnelles pour être de plus en plus diffusées dans la restauration occidentale où le curry et le tandoori sont devenus des classiques.
Quant à la garde-robe des hommes et femmes indiennes, elle compte aussi parmi les richesses qui entretiennent la passion de beaucoup d’entre nous.
Soies, cachemires, saris, chemises brodées, couleurs chatoyantes, joaillerie, parfums… leur intégration dans notre quotidien issue d’un commerce particulièrement dynamique participe de la familiarité et de l’admiration que l’on peut éprouver pour ce pays et sa population.
Qui connait la destination sait à quel point les marées humaines qui se déversent dans les rues, les routes, les trains… ont quelque chose d’exotique et de folklorique mais aussi d’effrayant.
Une ville comme Bombay qui ne dort jamais, des rues comme celles de Calcutta percluses de misère, un fleuve comme le Gange à Bénarès dont les eaux sales sont en permanence envahies par des pèlerins venus s’y purifier, les plages transformées en déchetterie, les déchaînements de violence entre minorités musulmanes, chrétiennes et une majorité hindouiste… l’Inde c’est aussi ce deuxième visage qui peut surgir au détour de chaque rue, dès que la nuit échappe au jour et laisse entrevoir la réalité de ce pays qui n’en reste pas moins l’une des grandes démocraties asiatiques.
Une démocratie incarnée par ce héros de la libération et l’indépendance que fut le Mahatma Gandhi assassiné en 1948. Synonyme de résistance et d’endurance, Gandhi reste la figure la plus réputée de l’histoire indienne.
A l’ombre des palais fastueux d’une population de petits seigneurs dont le nom même évoque la richesse, les Maharadjas incarnent à leur façon romancée les contrastes dont le sous-continent est capable.
Car, n’oublions pas que derrière les fastes et les chasses aux animaux sauvages se cachent ces animaux sacrés inévitablement liés à l’imagerie indienne que sont les vaches décharnées errant à la recherche de nourriture, tandis que des éléphants affamés viennent désormais puiser leurs repas dans les détritus des villes dont ils menacent les populations.
Mais, car il y a toujours un mais, les représentations sur ce pays mystérieux et déroutant puisent aussi aujourd’hui dans l’imagerie de la technologie, de l’innovation, de l’avenir et de cette jeune génération dorée d’Indiens qui fait avancer le pays et tend à le placer au rang des nations modernes. Tout en restant fidèle à ses traditions. Ne puise-t-elle pas aussi sa fantaisie dans les studios de Bollywood dont la réputation est désormais faite.
… On le voit, l’Inde est riche de contrastes, mais l’imaginaire de nos populations occidentales est relativement restreint et limité à ces clichés que les touristes viennent chercher, tout en les déplorant ou au contraire tout en tissant grâce à eux leurs meilleurs souvenirs.
Le blanc : la paix et la vérité,
Le vert : la foi et la fertilité,
Le chakra bleu (roue de Dharma) : le mouvement, le progrès, la justice.
Le lotus et son symbolisme
Quant à la fleur de lotus, rappelons qu’elle incarne : la pureté du corps, la prospérité, la fertilité, l’éternité de la vie et la longévité.
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