Risques encourus et recommandations associées
Conflit armé
Après deux ans de conflit entre l’armée fédérale éthiopienne et le TPLF (Tigray’s People’s Liberation Front) et malgré la signature d’un accord de cessation des hostilités le 2 novembre 2022, l’ensemble de la région du Tigré reste formellement déconseillé.
Il est déconseillé sauf raison impérative d’aller en région Afar via Semera (zone orange). S’agissant de la zone touristique du désert du Danakil, il est recommandé de reporter tout déplacement touristique.
De manière générale, avant tout déplacement, il convient de vérifier quelles sont les zones formellement déconseillées (rouge), déconseillées sauf raison impérative (orange) et en vigilance renforcée (jaune) et les recommandations associées (cf. ci-dessous).
Risques socio-politiques
Les affrontements entre communautés ou lors d’émeutes anti-gouvernementales ont causé plusieurs milliers de morts et le déplacement de millions de personnes depuis septembre 2017. Les tensions et violences interethniques et intercommunautaires, impliquant parfois des groupes armés, touchent de nombreuses parties du pays, en particulier les frontières inter-régionales, qui correspondent souvent à des zones de contact entre communautés. Des épisodes de violence, des manifestations et des blocages de route sont possibles partout dans le pays.
Dans les zones classées en vigilance renforcée, il est très fortement conseillé de faire appel à des professionnels du tourisme et d’être accompagné de guides et chauffeurs professionnels, notamment lors de circuits de visite traversant plusieurs régions.
Sécurité routière (voir également la rubrique « Infos utiles »)
Le risque d’accident de la route est très élevé sur l’ensemble du territoire du fait de la vétusté du parc automobile, des infrastructures et du comportement dangereux des conducteurs comme des piétons. Le taux de mortalité des accidents est accentué par l’absence de moyens de secours et la faible qualité des infrastructures médicales. Il est recommandé d’éviter les transports publics (mini-bus notamment) et de faire appel à des chauffeurs privés auprès d’agences de voyage ou de location reconnues. A Addis Abeba, des applications permettent de commander des courses, il convient toutefois de bien vérifier que le chauffeur qui stationne près du point de départ est bien celui commandé (en vérifiant sa plaque d’immatriculation).
En dehors des grandes villes, la conduite de nuit est à proscrire absolument. Même dans les grandes villes, il convient d’éviter de rouler trop vite, y compris sur les grands axes du fait du comportement imprévisible des piétons.
Terrorisme
Le risque terroriste existe en Éthiopie, compte tenu de la situation régionale et des actions du mouvement terroriste Al Shabaab en Somalie (attaques en région Somali en juillet 2022). Il convient de faire preuve de vigilance dans les lieux publics et d’éviter les rassemblements.
Délinquance
La criminalité se développe de manière significative dans les grandes villes du pays, surtout à Addis Abeba depuis quelques années, et cible particulièrement les étrangers (touristes comme expatriés).
On observe dans la capitale le développement de modes opératoires violents, de nuit comme de jour, y compris dans des rues très passantes du centre-ville, avec une multiplication des agressions avec coups et blessures, par strangulation ou sous la menace d’armes blanches.
Les collines boisées du nord de la ville (Yeka, Entoto), les quartiers de Bole Atlas, de Meskel Square et Piassa concentrent le plus grand nombre d’agressions de même que les différents carrefours d’Addis Abeba du fait de la présence d’un nombre important d’enfants des rues parfois sous l’emprise de stupéfiants.
Il convient autant que possible d’éviter de se déplacer seul à pied, de jour comme de nuit. En voiture, les portières doivent impérativement être verrouillées et les vitres relevées.
En cas de vol ou d’agression, il est conseillé de porter plainte immédiatement auprès du commissariat le plus proche et de signaler le cas auprès de la section consulaire, via le numéro de permanence consulaire.
Risque sismique
L’Éthiopie se situe dans une région d’activité sismique élevée.
Pour obtenir plus d’informations sur la conduite à tenir en cas de séisme, vous pouvez consulter la fiche « Risques naturels ».
Zones de vigilance
Zones formellement déconseillées (en rouge)
Région du Tigré
Après deux ans de conflit entre l’armée fédérale éthiopienne et le TPLF (Tigray’s People’s Liberation Front) et malgré la signature d’un accord de cessation des hostilités le 2 novembre 2022, certaines zones de la région demeurent contestées entre différents groupes (western Tigray, frontières avec la région Amhara) et sont donc formellement déconseillées, de même que toute la bande frontalière avec l’Erythrée (forte militarisation, présence de nombreuses munitions non explosées datant du dernier conflit).
Région Afar
Toute la bande frontalière de l’Afar avec l’Erythrée est formellement déconseillée.
Région Amhara
L’ensemble de la région Amhara est formellement déconseillé en raison de combats sporadiques et de blocages réguliers des axes routiers par les forces gouvernementales ou les mouvements rebelles, y compris les grandes localités, qui sont ponctuellement sujettes à des combats ou des attaques ciblées.
Frontière avec le Soudan du Sud
La zone, qui connaît un afflux massif de réfugiés, est dangereuse en raison de la présence possible de groupes armés impliqués dans le conflit sud-soudanais et d’un afflux massif de réfugiés.
Frontière avec le Soudan
La zone est le lieu d’incursions armées de part et d’autre de la frontière, et de trafics, notamment d’êtres humains. La guerre civile en cours actuellement au Soudan interdit toute entrée dans ce pays.
Frontière avec la Somalie et le Kenya
La zone est particulièrement dangereuse en raison du risque de pénétration d’éléments d’Al Shabaab (dernière incursion en juillet 2022), de la présence d’éléments armés non gouvernementaux et des incidents fréquents entre clans somalis. Le risque d’enlèvement d’Occidentaux dans cette région est réel. Les personnels humanitaires qui sont amenés à y travailler sont invités à se faire connaître à la section consulaire d’Addis Abeba et à s’enregistrer sur Ariane afin de pouvoir être contactés en cas d’alerte. Ils sont invités à suivre scrupuleusement les consignes du service de sécurité des Nations unies et des ONG. La ville de Moyale, frontalière du Kenya, est le lieu de massacres inter-ethniques, et constitue une plaque tournante pour divers trafics. La région frontalière de Las Anod a accueilli plusieurs dizaines de milliers de réfugiés depuis janvier 2023 à la suite d’affrontements à Las Anod (Laascaanood) en Somaliland.
Ouest de la région Oromo
En raison de violents affrontements intercommunautaires impliquant différents groupes armés, les woredas West-Wellega, East-Wellega, et Horo Guduru sont formellement déconseillés. Les woredas de West Shewa et North Shewa à l’ouest d’une ligne Agere Hywet / Fitche sont également formellement déconseillés.
Région de Gambela
Cette zone est régulièrement soumise aux tensions intercommunautaires ainsi qu’aux débordements des crises affectant le Soudan du sud. En outre, elle est un foyer très actif de choléra.
Zones déconseillées sauf raison impérative (en orange)
Région du Tigré
La nomination d’une nouvelle autorité pour l’administration intérimaire de la région a minoré le risque d’un conflit ouvert. Les conditions ne sont cependant pas réunies pour une reprise de séjours touristiques et une grande partie la région reste déconseillée sauf raison impérative.
Région Afar
En raison des tensions entre populations Somali et Issa, toute la bande frontalière avec la région Afar (où des combats meurtriers ont encore eu lieu en 2024) est déconseillée, sauf raison impérative.
L’ouest de l’Ogaden (région Somali)
Cette région connaît toujours des épisodes de tensions en raison de violences récurrentes entre clans somalis et de la présence de plusieurs centaines de milliers de déplacés internes.
Région Oromo
Des incidents violents entre communautés impliquant plusieurs groupes armés se produisent dans plusieurs parties de cette région.
Les incidents liés à l’insurrection des milices rebelles en région Amhara ont tendance à déborder sur la partie de la région Oromia située à environ 100 km au nord la capitale Addis Abeba.
Les zones situées aux alentours de Fitche sont formellement déconseillées. Il est possible de se rendre au site touristique de Debre Libanos après s’être renseigné sur la situation sécuritaire sur la route le reliant à Addis Abeba, aux alentours de laquelle des incidents sont ponctuellement recensés.
L’axe routier Adama- Mieso, en bordure nord d’une région dans laquelle des foyers de rébellion sont actifs est déconseillé, de même qu’une grande partie des régions Arsi.
Sur le plateau des Bale, il est déconseillé de camper de nuit. La visite du plateau est toujours autorisée mais elle doit être faite exclusivement en journée à partir des villes de Dinsho ou Goba.
Les zones de Gedeo et d’une partie de Guji sont le théâtre de violences interethniques entre Oromos et Gedeos.
Les zones Amaro et Burji peuvent être le théâtre d’affrontements tribaux et d’attaques contre des civils.
La ville de Moyale, frontalière du Kenya, constitue une plaque tournante pour divers trafics et il est déconseillé d’y passer la nuit.
Frontière interrégionale entre Oromia et Benishangul-Gumuz et la zone de Metekel dans la région du Benishangul-Gumuz
Depuis l’été 2018, le district Est-Wellega en région Oromo ainsi que le sud de la zone Kamashi en région Benishangul Gumuz sont le théâtre de conflits, et d’affrontements entre des groupes armés non étatiques et les forces fédérales.
Zones en vigilance renforcée (en jaune)
Les conditions générales de sécurité en Éthiopie permettent :
- de se rendre à Addis-Abeba en étant vigilant à l’égard de l’augmentation de la petite criminalité. Il est nécessaire d’y circuler en voiture ;
- de se rendre en région Central Ethiopia à l’exception de la zone Gedeo située en région Southern Ethiopia, en se renseignant sur la situation locale (tensions interethniques) avant les déplacements, en privilégiant la voie aérienne pour les longues distances car la circulation routière demeure un important facteur de risque ;
- de se rendre dans le parc national de l’Omo (sauf l’extrême-sud, la zone frontalière avec le Soudan du sud étant formellement déconseillée et déconseillée sauf raison impérative) et d’effectuer des excursions dans la région de la vallée de l’Omo, à l’exception du territoire des Mursi (les voyageurs sont toutefois invités à organiser leur séjour avec des agences de tourisme spécialisées et à privilégier le transport par voie aérienne entre Addis Abeba et Jinka) ;
- de se rendre dans la ville-région de Dire Dawa et Harar et jusqu’en région Somalie sur l’axe principal à condition de privilégier le transport par voie aérienne depuis Addis Abeba et d’appliquer les recommandations de sécurité détaillées ci-dessous. Bien que la ville de Harar et la route qui la relie à Dire Dawa soient en vigilance renforcée, leurs alentours (y compris le Sanctuaire de la vie sauvage de Hararet la montagne Kondudo) demeurent déconseillés sauf raison impérative. Il convient également de se renseigner sur la situation entre Babile et Djidjiga avant d’effectuer un déplacement ;
- Il est possible de se rendre, y compris par voie routière, d’Addis Abeba à Awassa et Arba Minch et de visiter les lacs. Ponctuellement la situation sécuritaire peut être dégradée. Il est donc fortement conseillé de se renseigner avant de se déplacer dans cette région.
Cas spécifique de la dépression des Danakil
Il est possible de se rendre en région Afar, notamment dans la dépression des Danakil (via Berahale, Dallol), depuis Semera (déplacement en avion depuis Addis Abeba jusqu’à Semera), accompagné exclusivement de professionnels du tourisme.
Avant son départ, et au regard des conditions climatiques extrêmes, il est également recommandé de s’assurer auprès de son médecin traitant que son état de santé permet l’excursion. Elle est formellement déconseillée aux enfants de moins de 15 ans et aux personnes âgées, enceinte ou cardiaques. Il est préférable de se rendre dans la zone au cours de la période la moins chaude qui s’étend d’octobre à mars.
Même parmi les agences spécialisées dans les voyages « extrêmes », en France comme en Éthiopie, les services offerts sont de qualité inégale. Parmi les critères de référence qui peuvent servir de repères pour sélectionner les agences, il paraît impératif de retenir au moins les points suivants :
- déplacement avec au moins deux véhicules en bon état et emport de pièces mécaniques de rechange ;
- signaler à l’ambassade de France tout déplacement dans la zone (la zone du Erta Ale ne bénéficie d’aucune couverture téléphonique à moins de 15 km) ;
- ressources suffisantes en vivres, en eau et en carburant ;
- emport d’un nécessaire médical approprié à la zone (cachets de sel, vitamines, anti-diarrhéiques…) ;
- des recommandations précises de sécurité lors des visites du Dallol et du cratère du volcan du Erta Ale, encore en activité ;
- un encadrement professionnel des touristes impliquant un temps de séjour sur le site limité à quelques heures et des itinéraires de visite sécurisés et encadrés par les autorités locales.

Recommandations générales
- Faire preuve de vigilance dans les lieux publics, éviter les rassemblements et manifestations, quel que soit leur caractère.
- Éviter les gares routières et les autobus municipaux, ainsi que les taxis privés de type mini-bus.
- Conduire avec les portières fermées à toute heure du jour et de la nuit. Lors des déplacements nocturnes, se faire déposer en face de son domicile. Éviter de rester isolé ou de marcher dans des lieux non éclairés.
- Fréquenter exclusivement les hôtels, restaurants et bars sécurisés.
- Le camping sauvage est formellement déconseillé sur l’ensemble du territoire.
- En cas d’agression, il est recommandé de rester calme, de ne pas opposer de résistance et d’avoir sur soi quelque argent à portée de main pour satisfaire l’agresseur.
- Il est formellement déconseillé d’emprunter les voitures estampillées « Ride » ou « Feres » (VTC locaux) sans les avoir réservés au préalable dans l’application dédiée. Bien vérifier lors de la montée à bord de ces véhicules réservés par ces applications qu’il s’agit bien de la bonne voiture (numéro de plaque, modèle et nom du chauffeur). De nombreuses escroqueries, crimes et délits impliquant de faux chauffeurs ont été constatés.