Flight Centre : le business travel compense le loisir

Flight Centre : le business travel compense le loisir

Flight Centre Travel Group (FCTG), maison mère de FCM Travel, a présenté ce mercredi ses objectifs pour l’exercice 2026 lors de son assemblée générale annuelle. Le groupe table sur un bénéfice avant impôts compris entre 305 et 340 millions de dollars australiens (entre 171 et 191 M€, environ), soit une progression potentielle de 5,5 % à 17,6 % par rapport à l’exercice précédent.

Cette fourchette relativement large reflète les incertitudes qui pèsent sur le secteur, entre perturbations du trafic aérien, tensions géopolitiques et instabilité politique – le récent shutdown du gouvernement américain, durant 43 jours, en étant la dernière illustration.

Corporate : 225 M€ de nouveaux contrats

Le premier trimestre affiche néanmoins une croissance de 7 % de la valeur totale des transactions (TTV). Cette performance s’explique principalement par le dynamisme du segment corporate, où FCM Travel a signé de nouveaux contrats représentant près de 400 millions de dollars australiens (environ 225 M€).

La région Asie, déficitaire jusqu’à présent, est revenue à la rentabilité. Le groupe met également en avant des gains de productivité à l’échelle mondiale, sans toutefois préciser leur impact chiffré sur les résultats.

En revanche, le segment loisirs peine à retrouver ses niveaux de rentabilité antérieurs. Les “changements temporaires dans les habitudes de voyage” apparus fin 2024 continuent de peser sur les marges, même si le TTV progresse. Le groupe évoque prudemment “les premiers signes d’un redressement” sans donner de perspectives précises.

L’argument du service face aux plateformes

Chris Galanty, directeur général de la division corporate, défend une stratégie centrée sur la valeur ajoutée humaine face à la concurrence des plateformes automatisées.

« Avoir une TMC de confiance, dirigée par l’humain et soutenue par la technologie, n’a jamais été aussi crucial », affirme-t-il. « Nos marques corporate ne se limitent pas à de simples services de réservation – elles sont des partenaires essentiels de gestion des risques, qui offrent un support en temps réel et des conseils stratégiques. »

Un positionnement qui vise clairement à justifier des tarifs plus élevés que ceux des solutions 100 % digitales. Le groupe cite en exemple sa réactivité lors de récentes crises, avec une réorganisation proactive des itinéraires et un suivi du devoir de diligence des entreprises.

L’IA pour gagner en efficacité

Flight Centre investit parallèlement dans l’intelligence artificielle, notamment pour optimiser l’orientation des demandes clients. L’objectif affiché : améliorer les temps de réponse tout en permettant aux consultants de se concentrer sur les dossiers complexes.

« L’IA oriente désormais intelligemment les demandes vers les consultants les plus adaptés », explique Chris Galanty, sans préciser le niveau d’investissement consacré à ces technologies ni leur impact sur les effectifs.

La plateforme Melon, déployée par Corporate Traveller auprès des PME dans l’hémisphère nord, affiche selon le groupe de “solides indicateurs de satisfaction” et des “taux de fidélisation améliorés”, sans chiffres à l’appui.

Le chantier NDC en toile de fond

Le groupe poursuit par ailleurs l’implémentation de la Nouvelle Capacité de Distribution (NDC), cette norme qui bouleverse la distribution aérienne. Un chantier stratégique mais coûteux, dont l’impact financier n’a pas été détaillé lors de l’assemblée générale.

Les voyages d’affaires restent essentiels à la prospérité, même en temps incertains”, conclut Chris Galanty. “Notre mission est de permettre à nos clients de voyager sereinement et efficacement – avec la garantie d’un soutien expert à chaque étape.” Reste à savoir si cette promesse suffira à convaincre les entreprises de privilégier l’expertise humaine face à la pression sur les coûts et la montée en puissance des solutions automatisées.

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