Racheté par David Chicard et son épouse Audrey Dumont, le Château de Sancerre est devenu, depuis juillet dernier, un élégant cinq étoiles. C’est le tout premier hôtel de cette classe dans ce bourg viticole élu « village préféré des Français » en 2021. TourMaG l’a testé et a été séduit.

Si, maintenant, on se tourne vers l’est, se dévoile un panorama sublime sur la Loire qui paresse dans la verdure de ses méandres, et, au-delà – puisque ce fleuve marque la limite du Berry – sur la Nièvre et le vignoble de Pouilly.
Comment ce paysage n’emporterait-il pas au loin celui qui le contemple ?
Cette tour médiévale qui culmine à 402 mètres est réputée être le point le plus haut du Berry.
Tout aussi séduisant est le panorama sur les vignes et le fleuve qui s’offre, en contrebas, depuis la gloriette blottie au bout de la terrasse du château de Sancerre.
Installé sur un promontoire à proximité des vestiges de la forteresse médiévale qui l’a précédé, cette demeure XIXe a été récemment transformée en hôtel cinq étoiles baptisé « Les Hauts de Sancerre ».
Jusque là, Sancerre avait beau être un joli bourg de 1 350 habitants réputé pour ses vins et pour avoir été désigné en 2021 « Village préféré des Français », il ne disposait d’aucun établissement très haut de gamme.
L’arrivée des « Hauts de Sancerre » a d’autant mieux comblé le manque qu’il coche largement les cases de l’hospitalité raffinée recherchée par la clientèle à fort pouvoir d’achat.
A n’en pas douter, les amateurs de séjours authentiques auront un vrai coup de cœur. Les « Hauts de Sancerre » logent en effet dans un délicieux château de style gothique troubadour – fait d’un appareillage réussi de briques et de pierre – comme on en raffolait il y a un siècle et demi.
Les échauguettes dont il est flanqué lui donnent quelque peu la mine d’un château de contes de fées, tandis que le parc de 5 hectares qui l’entoure, largement paysagé, renforce son allure de retraite campagnarde.
Ce jeune couple a aussitôt entrepris de concrétiser un projet d’envergure multiforme, appelé à prendre vie en plusieurs étapes.
Presque aussitôt, le château s’est fait Centre d’art, accueillant dès 2024 une exposition Vasarely puis, en 2025, une autre expo en collaboration avec la région Centre – Val de Loire, en attendant deux expositions annoncées pour 2026.
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En parallèle, le château a été ouvert au public pour les Journées du Patrimoine.
Ont aussi été lancés sans trop tarder un chantier de rénovation extrêmement important, puisque tout ou presque a été repris dans les intérieurs.
Si l’on additionne les travaux déjà engagés et l’achat du château lui-même, c’est un investissement de 6,9 millions d’euros qui a été engagé par David Chicard et son épouse.
Au final, en juillet dernier, le cinq étoiles a pu ouvrir avec huit chambres et suites.
En 2026 – 2027, il en comptera 17, grâce à l’arrivée de 9 chambres et suites supplémentaires : 8 seront installées dans un bâtiment (actuellement en travaux) situé en contrebas du château.
« Nous aurons des chambres de quatre catégories », explique David Chicard. Deux chambres Cosy – ce sont les plus petites (26 m2) ; huit chambres Executive (de 31 à 41 m2) ; deux suites Junior (de respectivement 53 et 58 m2) ; cinq suites « Signature », deux dans le château proprement dit et deux dans la dépendance.
Un peu à part sera la dix-septième chambre (55 m2) qui logera dans la tour médiévale.
Pour les prix, compter pour les chambres à partir de 200€ en basse saison (et jusqu’à 500€). Et, en haute saison, compter à partir de 320€ jusqu’à 750€.
Décidément, aux Hauts de Sancerre, on en prend plein la vue !
La douche à l’italienne – aux murs en béton ciré couleur blanc cassé – occupe entièrement l’une des petites échauguettes d’angle, le meuble vasque occupant entièrement l’autre échauguette sur laquelle ouvre la chambre 33.
En sus, une baignoire îlot ovale attend – dissimulée derrière le large panneau posé derrière le lit – ceux qui ont envie de se relaxer dans l’eau chaude.
Une simplicité de bon aloi aussi désarmante que terriblement séduisante.
Cela n’empêche pas la technologie moderne de rendre son office : le Wi-fi fonctionne très bien ; et il suffit de pianoter sur un boîtier accroché au mur pour régler l’intensité de la lumière ou de la température…
Le tout est accompagné, à son goût, de café ou de thé.
Sont également servis, à la demande, des œufs.
Les clients sont installés dans la relativement petite salle de restaurant qui se trouve au premier niveau, non loin du salon où les clients peuvent à d’autres moments prendre un thé, ou un apéritif. Voire encore un verre après le repas du soir.
Toutefois, en juin 2026, ce restaurant sera transféré au rez-de-chaussée du bâtiment situé en contrebas du château dans lequel sont en cours d’aménagement une partie des chambres supplémentaires annoncées.
Ce lieu étant plus spacieux, la nouvelle cuisine le sera davantage aussi. Et au lieu d’être limité, comme aujourd’hui, à 16 couverts (plus 5, dans une salle privée, sur réservation), le nombre de couverts servis pourra être plus important.
David Chicard ambitionne d’en faire un restaurant gastronomique, grâce au concours du père d’Arnaud, restaurateur belge récompensé il y a quelques années par une étoile au Guide Michelin.
Avant même cette évolution, « La table d’Arnaud » est incontestablement une bonne table. Elle témoigne du déjà grand savoir-faire de ce jeune chef prometteur : n’a-t-il d’ailleurs pas été, à vingt ans à peine, candidat de la saison 15 de Top Chef, dont il n’a été éliminé qu’après huit semaines de compétition pour… un malheureux plat de pleurotes ?
Le soir de notre séjour aux « Hauts de Sancerre » était proposé un menu en cinq temps (90€) : Saint-Jacques au champignon et topinambour en entrée, suivie d’un chawanmushi, autrement dit d’une crème japonaise salée à base d’œufs contenant du poulpe rehaussé d’une touche d’argousier.
Puis est venu un cabillaud juste poché avec des lanières de céleri, apprêté avec du vin jaune du Jura rehaussé à la fleur de sureau, suivi par des médaillons d’agneau accompagnés d’un pesto de pistache et de fines tranches de concombre parfumées à la menthe.
Pour finir, le dessert était une combinaison de cèpe, de poire et de glace, fort réussie, comme d’ailleurs tous les assemblages de saveur proposés, des mises en bouche jusqu’à la fin du repas.
Les amateurs de vin pouvaient, en sus, s’offrir un ou deux verres ou, carrément, pour 75€, la formule « accord mets/vin » qui prévoit un nectar différent avec chaque plat. Indiscutablement, les convives sont sortis de table, ce soir-là, fort satisfaits. Tout au plus ont-ils pu trouver l’agneau peut-être un tantinet trop cuit.
Ce soir-là aussi, la salle de restaurant, animée par Mélissa et Coline, deux serveuses parfaitement anglophones, était pleine : s’y trouvaient deux couples d’Américains, un couple de Néerlandais, deux couples de Français, tous clients de l’hôtel mais aussi quelques habitants du coin venus dîner.
Comme l’explique David Chicard, les « Hauts de Sancerre » veillent à pratiquer pour leur table un niveau de prix, certes en rapport avec leur qualité, mais qui reste tout de même abordable pour une clientèle locale soucieuse se faire plaisir de temps en temps.
Les « Hauts de Sancerre » ont sélectionné 5 domaines haut de gamme, gouvernés en biodynamie, dont ils proposent de goûter les vins : trois blancs, un rouge (car si le Sancerrois est connu pour ses blancs, 20% de sa production est tout de même faite de pinot noir) et enfin en rosé.
Par chance, les vins de cette région pas très éloignée de la Bourgogne, sont vendus à des prix bien plus doux, quoique de grande qualité, comme le blanc du domaine Vincent Delaporte et Fils – basé dans le bourg voisin de Chavignol – que nous avons dégusté : il était excellent, mais très minéral, car fait avec les raisins d’une vigne cultivée sur silex.
Ces dégustations ont lieu dans une salle aménagée à cet effet, au rez-de-chaussée de la « tour des fiefs ».
Lorsque les coûteux travaux (300 000€) entrepris dans cette tour médiévale (et, partiellement financés par des appel réussis aux dons, complétés par une subvention de l’Etat) seront achevés, l’escalier de la tour qui mène, tout en bas, jusqu’au niveau des rues de Sancerre, s’enrichira d’un café ouvert aux clients de l’hôtel, comme aux Sancerrois.
Son ouverture, en avril prochain viendra compléter (jusqu’en octobre) le panel d’expériences locales déjà proposées à ses clients par ce cinq étoiles intimiste.
Parmi celles-ci, l’exploration de l’art ancestral de la tonnellerie à l’occasion d’une visite de la Maison Charlois, référence mondiale en la matière ; la découverte de La Borne, village voisin aux traditions céramiques centenaires et haut lieu européen de la poterie contemporaine, éventuellement prolongée par un atelier pratique.
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Les clients sont aussi invités à aller pédaler sur les 300 kilomètres de chemins qui sillonnent le Sancerrois, grâce aux VAE proposés à la location par « Les Hauts de Sancerre ».
Bien entendu, ceux qui veulent compléter ou diversifier la découverte du territoire, ont tout intérêt à consulter le site de l’Office de tourisme du Berry.
Toutefois, nous a assuré le couple d’Américains de Los Angeles qui séjournait aux « Hauts de Sancerre » le soir de notre passage : « Nous sommes venus à Paris pour un mariage, mais la raison principale de ce séjour à Sancerre ensuite, c’est d’abord le vin ».
D’ores et déjà, le sous-sol du château abrite une salle de fitness et une cabine de massages où officient – sur réservation – trois thérapeutes auxquelles l’hôtel a pris l’habitude de faire appel. Les produits utilisés sont signés « La Chênaie », une marque de cosmétiques naturels issus des bienfaits du chêne.
A la fin 2026, cette offre bien-être sera complétée par l’arrivée d’une deuxième salle de massages (double, celle-là), d’un sauna et d’une piscine intérieure. Dès avril prochain, l’établissement sera doté d’une piscine extérieure.
Ces ajouts renforceront, à n’en pas douter, l’attractivité de ce cinq étoiles – encore en rodage – qui se présente volontiers « comme un écrin de luxe dans un village d’exception ».






